jeudi 17 avril 2014

Avant, je ne savais pas...

Avant, j'étais une femme encore plus active que maintenant (si, en vrai c'est possible).
Je sortais peu mais de fait j'adorais ça...la rareté de ces moments les rendaient plus précieux encore.

J'aimais aller à des concerts, chanter à tue tête ou rester muette d'émotion, sentir mon corps battre au rythme de la musique de longues minutes encore après être rentrée à la maison. Un jour prochain je recommencerai, quand le temps sera venu.

Je voyageais, j'ai toujours aimé ça. Survoler les nuages pour partir à la rencontre d'inconnus qui n'attendent que d'ouvrir leur cœur au vôtre et agrandir votre famille. Laisser à chaque endroit traversé un petit bout de mon cœur comme pour marquer les endroits dans lesquels un jour je reviendrais volontiers. J'ai cueilli des pierres de lune sur la sable d'une plage ensoleillée, j'ai marché sur les pas des Amérindiens et j'ai nagé dans l'eau couleur turquoise. J'ai aimé chaque instant de ces aventures. Un jour, c'est sûr, je recommencerai. Pour transmettre à mes enfants le bonheur de ces doux partages, l'envie d'être curieuses et le respect de l'Autre.

Avant j'allais où bon me semblait quand l'envie me prenait. Je pouvais faire des heures de route en une journée, des kilomètres improbables en un week-end, pour changer d'air, voir des amis ou découvrir de nouveaux paysages. Il est vrai qu'aujourd'hui tout a un peu changé...les filles aiment les transports autant que moi enfant (c'est dire!) et je limite mes déplacements au minimum qui nous est vital. Ce qui inclut par ci par là une virée à Paris en train car voir certains de ses amis...c'EST vital.

Avant je pouvais passer des journées entières au jardin, couchée dans l'herbe, tournant sous la pluie ou jardinant pieds nus dans la terre. Maintenant il est vrai que je peine à trouver dix minutes pour semer des capucines.

Avant j'adorais marcher dans les chemins, m'égarant sur les bords d'un ruisseau, marchant encore un peu plus, juste plus loin, pour voir, pour continuer, pour ne pas rentrer encore, juste un peu...  Maintenant je marche dans les chemins une petite main dans la mienne, un petit corps contre le mien lové dans une écharpe et j'aime encore plus observer les papillons, raconter la naissance des fruits et cueillir des bouquets colorés en sentant mon cœur se réchauffer des rires de mon enfant. C'est un peu moins long, c'est différent. C'est mieux.



Avant je ne comprenais pas qu'un beau jour tout changerait, que subitement ça serait comme si je découvrais un nouvel horizon.

Avant je ne savais pas que la naissance d'un seul être pouvait changer le monde, mon monde. Que chaque battement d'un autre cœur pouvait sonner plus fort que n'importe lequel des miens.

Avant je ne savais pas que la plus belle des destinations était là, tout près, dans leurs yeux qui s'émerveillent.


Avant je ne savais pas encore à quel point j'aimais aimer, j'aimais la vie qui se cache en toute chose.
Je ne savais pas encore que j'étais quelqu'un d'optimiste.

Avant je pensais qu'un jour je serais une mère un peu stressée, et je ne savais pas à quel point je me trompais.

Avant je ne savais pas quel plaisir je prendrais à transmettre ce que je savais du cycle de la vie, les valeurs transmises par mes parents et dont je n'avais même pas conscience. Je ne savais pas non plus combien j'aimais l'endroit où j'étais née. Combien cet amour il était important de le transmettre, comme une fenêtre vers le futur, comme le chemin qui était et qui sera.


Avant je ne savais pas qu'un jour mes enfants porteraient des couches lavables, que je prendrai à ma manière soin de notre planète parce que ça sonne en moi comme une urgence pour nos enfants. Je ne savais pas que je serai bien plus touchée par l'écologie que ce qu'on m'en avait transmis.

Avant j'étais une autre, j'ai en partie élevée un petite fille qui n'était pas mienne, j'ai fait des erreurs et si tout était à refaire je ferais tellement différemment. J'ai été si autoritaire parfois... Je ne pourrai jamais revenir en arrière alors parfois je passe un coup de fil et pour quelques jours, cette petite fille devenue si grande, je la prends chez moi et je la serre un peu contre mon cœur. J'ai la chance d'avoir un ex-mari qui a confiance en moi suffisamment pour me confier cette enfant qui est la sienne et pas la mienne. Avant, je ne pensais pas une minute qu'une séparation puisse être aussi sereine. Avant je ne savais pas qu'on arriverait si bien à s'entendre. Que le temps apaiserait les maux/mots et que je me souviendrais alors pourquoi on s'est aimés.

Avant, je n'avais pas imaginé une seule seconde qu'un jour moi que mes amies surnommaient Arwen -en rapport à mon addiction à Tolkien- je donnerai ce prénom à mon premier enfant. J'imaginais encore moins à quel point mon cœur pouvait se gonfler et s'emplir de fierté lorsque cette même enfant et moi, lovées dans un canapé, nous partagerions les images des merveilleux films qu'en a fait Peter Jackson. Avant je ne savais pas combien ce prénom si particulier lui irait si bien.

Avant, je ne savais pas que la vie pouvait être si compliquée tout en étant si simple. Je ne savais pas que je deviendrai une femme pas vraiment comme je le pensais. Je ne savais pas que je trouverais le courage de faire ce qui a été et ce qui sera. Je ne savais pas à quel point l'opinion des autres importerait si peu pour moi.Je ne savais pas non plus le soutien que je recevrais d'une partie de ma famille. A quel point l'amour de ma mère illuminerait ma vie.

Avant, je ne savais pas que chaque lever de soleil m'en apprendrait un peu plus sur moi même et que mon cœur, chaque lune, s'ouvrirait un peu plus beau, un peu plus grand.

Avant Elles, je ne savais rien (j'étais un peu telle Jon Snow quoi...)


10 commentaires:

  1. Il y a toujours beaucoup de douceur et de poésie dans tes textes. Je te lis depuis 2 ans je pense et je ne me lasse pas!

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  2. Maman elfe, toujours fidèle à toi-même (contrairement à moi qui me cherche continuellement). Tes écrits sont... je ne sais pas. Autant j'aime te lire autant c'est dur parfois. Il y a ce quelque chose que j'aimerais pouvoir saisir comme tu le fais si aisément et qui m'échappe encore... ça doit être la sublime simplicité, peut-être une authenticité certaine que tu déploies à chaque mot. Et tes choix, qui sont miens aussi ; mais auxquels j'ai parfois du mal à être fidèle. Un jour je t'aime, un jour moi non plus.

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  3. J'adore, superbe, merci c'est si beau.

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  4. Après Lynda lemay, il n'y a que tes textes qui sont capable de m'émouvoir autant !

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    1. Alors ça, c'est un superbe compliment pour moi... merci <3

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  5. Un texte qui me met un sourire et qui soigne ma dépression de "maman à part"... J'aimerais pouvoir profiter de ces instants avec mon fils. Merci pour ces jolis mots.

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