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dimanche 15 novembre 2015

Aime-moi

J'ai besoin de tes mains, ton regard et tes lèvres. Un immense besoin de me sentir en vie, le cœur battant, le souffle court. J'ai besoin de tes bras, de ton coeur qui se serre contre moi. Besoin de cette chaleur, de l'euphorie quand nos deux corps s'unissent.

J'ai le cœur plein de vague à l'âme, j'ai envie de crier, de vivre. J'ai envie de rire à perdre haleine, envie de pleurer, d'avoir mal, de me sentir vivante.

J'ai foi en l'être humain, j'aime retenir au creux de mes doigts les beaux moments. Les longues discussions, les belles surprises. Les cadeaux, le bonheur partagé. J'ai envie d'aimer les héros de tous les jours.
J'ai envie de continuer, d'avoir foi en l'Humanité. Continuer de croire que l'Amour sera le plus fort.

J'ai besoin de m'accrocher, de prolonger juste une minute un câlin furtif échangé entre deux portes.

J'ai tant besoin de fermer les yeux, de ne plus voir ces images sombres auxquelles j'avais cru pouvoir échapper. Ouvre moi tes bras, j'ai besoin de pleurer. Ouvre moi ton cœur, j'ai besoin de parler. Ouvre moi ta vie, j'ai tant besoin de partager.

J'ai besoin de serrer les filles contre mon coeur, de leur crier qu'on s'aime et que rien, jamais, ne comptera plus que l'Amour.

J'ai besoin de parler et je ne sais même pas ce que j'ai envie de dire. Besoin d'écrire, d'évacuer. Besoin d'ouvrir un grand sac dans lequel je peux jeter tous les mots qui me viennent pour ensuite ne plus y revenir.

J'aimerais savoir trouver les mots,  mais rien ne vient.

Demain sera un autre jour. En attendant, étreignons-nous. Aimons-nous.
Aime-moi. Aime-moi à perdre haleine...

samedi 26 septembre 2015

Je n'écris pas sur toi (oui, ok, copyright Zazie)

Je voulais vous parler de lui, mais c'est beaucoup trop compliqué.
Parce qu'aucun mot n'arriverait à dire ce sentiment intense qui remplit chaque jour un peu plus mon cœur. Au point d'en oublier comment c'était, avant. Au point de demander comment ça pourrait être possible, sans lui.
Parce qu'aucun mot ne serait assez précis pour décrire son sourire. Je ne saurais pas dire la forme de son visage, sa barbe si délicieusement piquante et sa façon de me sourire quand j'ai besoin d'être rassurée. 
 
Je ne sais pas comment vous dire combien au creux de ses bras on peut se sentir à la fois unique, aimée et en sécurité.
Je ne saurais vous parler de sa vie avant nous, elle existe, et c'est bien. Il est aussi tout ce qu'il a vécu et c'est tout ça qui fait que je l'aime, là, maintenant.
Je ne crois pas que j'arriverais à vous dire ce que je ressens lorsque je vois mes filles se pelotonner dans ses bras. Ce sourire immense qui m'agrandit le cœur. 
 
Je ne sais pas s'il y a pour moi une place spéciale dans ce monde mais je suis certaine que si c'est le cas, c'est au même endroit que la sienne.
 
Je croyais que l'amour, ça faisait mal, que le manque était terrible. C'est qu'il me paraît si doux, le manque, lorsque le monde entier est tout empli de lui. 
Je n'arriverais pas à dire combien ma peau frissonne d'être proche de la sienne. Combien la communion des corps est évidente. 

Impossible de dire combien c'est évident. A quel point j'aime m'installer en cuisine à ses côtés. Ou combien notre table est devenue riche de saveurs imaginées ensemble.
 
Je me souviens comme si c'était hier de ce soir de novembre où il a frappé à ma porte avec ce bouquet de fleurs blanches dont les lys embaumaient toute la rue. Je le revois encore, quelques minutes plus tard, à préparer naturellement le repas dans cette cuisine qu'il n'a presque plus jamais quittée. Je me souviens du lendemain, d'un après-midi un peu fou. Bien évidemment, je n'ai absolument pas passé tout le temps où il installait mes appliques murales à regarder ses fesses. Quand même. 

J'aimerais tant vous parler de lui, de sa douceur. De sa tendresse et de sa force immense. De ses yeux dans lesquels on plongerait à s'en noyer l'âme. J'aimerais savoir dire à quel point il me plaît, cet homme qui dort dans les mêmes draps que moi. Non, vraiment... les mots ne viennent pas et je reste plantée là, le sourire aux lèvres et le feu à l'âme.

Je voudrais tant pouvoir dire ces passions partagées. L'immense bonheur de nos lectures échangées, des moments complices, les doigts noués sur les pages de ces livres à explorer ensemble.

J'aurais aimé raconter combien sa famille m'a ouvert ses bras comme si j'étais un de leurs membres depuis longtemps. Ça sent si fort l'Amour, chez eux...

J'adorerais savoir trouver les mots pour parler d'Amour. Pour raconter ses surprises, ses cadeaux si bien trouvés que même moi je n'aurais pas songé à me les offrir. 
J'adorerais. Un jour, peut-être...

mercredi 23 septembre 2015

L'absente

Je t'ai dit au revoir un jour de juillet sous le soleil brûlant et la pluie qui tombait de mes yeux.
Il faisait froid dans cette petite église et la chaleur de nos cœurs saignait de ton absence.

J'ai cueilli un bouquet de fleurs des champs, tes préférées, et je les ai doucement déposées dans ta tombe avec mes derniers mots d'au-revoir.

Je suis retournée dans cette maison imprégnée de ton odeur. J'ai marché dans tes pas et respiré ta présence immobile qui déjà s'efface. C'est comme si tu étais toujours là, bien cachée, mais la blague n'en finit pas et mon cœur se serre.

J'ai ouvert ton armoire, trouvé cachées les photos de mon mariage que tu gardais quand même, peut-être juste pour le plaisir de revoir la jolie robe et de te souvenir de ce joli moment.  Trouvé aussi les malabars cachés entre deux piles de vêtements.
J'ai emporté une robe fleurie. Je la porterai l'été prochain, quand les reines des prés refleuriront et que j'irai embellir la dernière maison de ton enveloppe. Quand mon chagrin, peut-être, sera comme un doux voile de douceur sur le temps qui passe.

Je n'ai pas encore osé cuisiner tous ces plats que j'aimais tant te voir me préparer. Ca rendrait trop vraie ton absence.

Je suis retournée plusieurs fois chez toi, je suis allée voir papy et je me suis assise sur ta chaise aux coussins colorés.
J'ai emporté aussi un plat à tarte, des saladiers. Je meurs de trouille de les perdre ou de les casser et je souris chaque fois que j'en prends un dans mon placard.

Je sais que tu es mille fois mieux là-haut qu'avec nous dans cette enveloppe usée qui te pesait fort. Ca n'enlève en rien le vide de ton absence.

Je crois que pas une journée n'a passé sans que je ne songe à toi. Je revois ton sourire, je sens encore la chaleur de tes bras. Je regarde les étoiles et je me souviens des soirées passées ensemble à les observer, les soirs d'été.

Je suis heureuse, parce que je t'ai connue et que c'est un immense cadeau que la vie m'a fait. Un cadeau que je chérirai chaque jour un peu plus jusqu'à ce qu'arrive mon tour de laisser derrière moi mes souvenirs.

Mais toujours, ce foutu manque de toi...

lundi 24 août 2015

Ca

C'est un petit peu sournois...ça arrive, doucement. Ca s'insinue. Ca prend de la place, un peu. Puis beaucoup. Finalement ça prend toute la place. Ca commence au réveil et ça s'achève... en fait ça ne s'achève pas. Ca arrive un matin, ça s'installe dans ton lit, dans ton canapé, dans ta voiture, à ton boulot. Dans ta vie.
Et puis surtout, ça te transforme. Ca commence par un cri, plus fort, un peu inattendu. On va mettre ça sur le compte des multiples contrariétés qui s'accumulent. Et ça continue encore et encore. Ensuite arrive la première gifle, celle que tu t'étais promis de ne jamais donner. Celle que tu ne comprends pas, que tu regrettes instantanément. Celle qui reviendra, encore une fois ou deux. Et puis parfois tu as tellement envie de fuir. Ou de l'encastrer dans le mur parce que t'en peux plus des crises qui reviennent, qui se répètent, qui deviennent quotidiennes.
Ca transforme ensuite ton corps. T'as mauvaise mine, t'es toute pâle. Ce n'est plus vraiment ton visage qu'on voit, plutôt les cernes qui le composent. Puis ils sont pénibles, les gens, avec leurs réflexions à la con. Tout le monde t'énerve. Un peu trop facilement.

Et puis y'a la petite dernière qui dort pas. C'est pas que tu regrettes, d'en avoir eu une autre, c'est juste que ça prend le dessus. Que t'as du mal à réfléchir sereinement. Que tu te dis que tout ça, c'est juste une vaste grosse connerie.

Des fois tu ne comprends plus ta mère. Quand elle te dit que tu es d'une grande patience avec tes enfants, t'as envie de lui rire au visage. Patience? T'as envie de les assommer, t'appelle pas ça de la patience. Tu te demandes franchement pourquoi les autres te voient d'une façon qui n'est absolument pas ce que tu es, ce que tu ressens. C'est chiant, franchement. Ils sont chiants. Tous. Ou presque.

T'as plein de copines qui partagent des images sur facebook, qui parlent de ça. C'est drôle, c'est frais. C'est la preuve que c'est pas toi, que tous les parents vivent ça. Les autres, ils n'ont juste rien compris. Il sont juste chiants.

Des fois tu te souviens de ce temps où tu pouvais écouter doucement les pleurs de ton enfant, les accueillir, la consoler. Maintenant tu te vois lui crier dessus et tu te dis que cet avant n'a pas du exister, ça doit être un de tes nombreux rêves que t'as pris pour la réalité. D'ailleurs, ça s'efface. Tu y penses de moins en moins, tu oublies. Tu culpabilises, parce que tu sais bien que ça n'est pas de cette façon que tu dois faire, que tu veux faire mais tu n'y arrives plus. Ce doit être parce que tu as deux enfants, un boulot, une maison, des emmerdes par dessus la tête. Et puis surtout parce qu'il y a ça. Mais t'essaie de pas trop en parler. Tu détestes te plaindre et en plus tu le sais bien que tu es un genre de wonder woman. Ca ne t'atteint pas. Pas vraiment. Pas en surface.

Et puis de toute façon, faut juste être patiente. Ca va passer.

T'appelles ça la fatigue. Ce serait plus franc de parler d'épuisement. Nerveux, physique. Psychique. Tu es juste là, au bout du rouleau. Que tu continues patiemment à dérouler quand même, parce que ça va s'arrêter un jour.

J'écris ce billet aujourd'hui parce qu'il faut que ça sorte. Parce que je suppose qu'il peut y avoir plusieurs causes. Ca peut être le baby blues. Ca peut être un papa (ou une maman) peut présent(e) pour t'épauler. Et des fois ça peut être autre chose. Un petit souci médical qui en devient un gros.

Au détour d'une analyse, on vient de découvrir que je suis plutôt gravement anémiée, que ça fait longtemps, probablement au moins deux ans. Peut être plus. J'ai des analyses à faire peur, à se demander comment je tiens encore debout, comment j'ai pu travailler toute une année sans -presque- pas m'effondrer.

Je n'écris pas pour me faire plaindre ou parce que j'aime vous raconter mes ptits bobos. J'écris pour dire que je sais combien cette saloperie de fatigue prend de la place et combien il est important de se faire aider. De chercher des causes éventuelles, des solutions. Mais oser demander de l'aide, elle est bien là la vraie force.

Après trois semaines de traitement, je commence à reprendre pied. Je prends conscience que j'ai à nouveau envie de me lever le matin, que j'ai moins mal partout. Je me rends compte à quel point j'aime mes enfants. Je crie moins, beaucoup moins. Je retrouve ma patience, et juste, le goût de vivre. J'ai envie de balades, envie de cuisiner. J'ai des projets plein la tête, je change des tas de petites choses dans ma vie.

J'écris juste pour vous dire que sans ça, c'est beaucoup plus facile d'accueillir ce que tu croises sur le chemin de ta vie. Et que franchement, ça vaut la peine!




jeudi 13 août 2015

Ensemble

C'était une petite fille de quatre ans. Un peu espiègle, plutôt têtue. Bavarde à vous en crever les tympans. Belle comme un ange et parfois colérique comme un démon.

Une chouette petite fille, en somme. Un peu perdue dans sa famille, ses émotions, ses envies et sa réalité.  Une grande fille dans un corps d'enfant parfois.

C'était une petite fille de quatre ans qui ne voulait pas voir son papa, qui cherchait autre chose, qui avait besoin de temps. Une petite fille perdue dans les deux dernières années plutôt difficiles de sa vie.

C'est l'histoire d'une rencontre, de deux cœurs qui se touchent. Qui se cherchent et se repoussent. S'apprivoisent. L'histoire d'un sourire, d'une main tendue.

Cet homme n'est pas son père. Cette petite fille n'est pas sa fille. Et pourtant...

C'est dans ses yeux qu'elle va grandir. C'est en tenant sa main qu'il va apprendre.
C'est avec lui qu'elle apprendra les grandioses constructions de Lego. C'est avec elle qu'il retrouvera un peu de son enfance.
C'est avec lui qu'elle fera ses premiers mètres sur un vélo. C'est avec elle qu'il se découvrira pédagogue.
C'est après lui qu'elle criera et c'est contre elle qu'il se fâchera.
C'est elle qui mettra sa patience à rude épreuve.
C'est lui qui lui redonnera confiance.
C'est sur ses genoux qu'elle découvrira sa console de jeu. C'est en posant ses mains sur les siennes qu'il partagera ses gestes.
C'est peut être à lui, un jour, qu'elle confiera ses secrets. C'est peut-être d'elle dont il parlera des progrès avec une fierté toute paternelle.

Cet homme n'est pas son père mais c'est avec lui qu'elle va apprendre qui elle est.

Cette petite fille n'est pas sa fille mais c'est avec elle qu'il apprendra à être un père. Ou presque.

Un coeur, deux coeurs. Deux âmes qui se touchent. Ouvrir son coeur, partager. Aimer. S'aimer, ensemble.

Et simplement...être une famille.



jeudi 22 janvier 2015

Lettre à...

C'est un peu comme rester là, des heures, au soleil sous la brise chaude d'une journée parfaite. Fermer les yeux et sentir les chauds rayons effleurer ma peau. Ouvrir mes sens et entendre la vie fourmiller sous mes pieds. Me sentir parfaitement, si justement à ma place.

C'est un peu comme arriver à un carrefour inconnu et savoir pourtant, à la seconde même, quel est le chemin à prendre. Et savoir qu’à partir de maintenant, à chaque carrefour s’imposera la même évidence.

C’est aussi comme se taire. Apaisée. Écouter le silence. Et cette douce musique du cœur qui bat tout près.

C’est comme confier un grand trésor. Fermer doucement le loquet sur un cœur palpitant et s’en remettre à la confiance de son porteur.

C’est comme mettre fin à une longue marche épuisante. Et poser, un à un, tous ses bagages sur le sol. Puis s’asseoir, contempler l’amas de souvenirs et décider de ce qui restera sur place. Et accepter de partager un peu son fardeau, pour repartir le cœur en fête et le pas léger.

C’est comme ouvrir la porte d’une chapelle inconnue et se savoir dans un endroit familier.

C’est un peu comme rouvrir ce livre tant aimé, dont la couverture cornée porte les traces des lectures nocturnes, de ses errances dans le sac à main ou de la fois où il a glissé dans le bain. L’ouvrir en connaissant déjà la fin, en souriant aux dialogues qui reviennent en mémoire et pourtant l’ouvrir le sourire aux lèvres et prendre un plaisir immense à tourner à nouveau les pages entre ses doigts.

C’est un peu comme se glisser lentement dans l’eau chaude d’un bain le soir, lorsque les enfants dorment. Et savourer la saveur du baiser brulant de l’eau qui embrase l’âme de ses vapeurs.

C’est comme une de ces soirées douces autour d’une bougie à traîner, encore un petit peu. Les murmures se taisent, les cœurs se rapprochent. Les amis qui se parlent peu mais savent s’écouter en silence. Savoir que le réveil sera difficile, la nuit trop courte mais le faire quand même. Et sourire.

C’est un peu comme mettre les mains dans la farine, puis s’essuyer sur son tablier comme on a vu cent fois sa mère le faire. C’est rassurant, ça a quelque chose de délicieux. C’est un nouveau partage qui se crée.

C’est un peu aussi comme me sentir le cœur débordant, prêt à exploser. Et pourtant, à la minute suivante, réaliser qu’il a encore grandi mais que l’explosion ne vient pas.

C’est un peu tout ça à la fois et tellement plus encore.

Et putain, qu’est-ce que c’est bon !

mercredi 23 juillet 2014

23 juillet

J'ai ancré tout au fond de moi le battement de ton cœur comme la mélodie qui m'a donné la vie.
Je me souviens de l'odeur de ta peau et de la douceur que tu dessines du bout de tes doigts.
Je connais les profondeurs insondables de l'émeraude de tes yeux.
Je sais que tes menues épaules sont si larges qu'elles peuvent porter des mondes, le mien, et puis tant d'autres.
J'ai pu puiser chez toi le courage de continuer, toujours, quoi qu'il en coûte parce que je sais qu'avancer est la seule option envisageable.
J'ai pu trouver mon chemin parce que tu m'as déposée sur la route et que tu m'as laissée le chercher en tenant ma main lorsque j'en avais besoin.

Et aujourd'hui, parce que tes yeux sont la Vénus de mon ciel, parce que tes bras sont le cocon apaisant de mes retours à la vie, parce que ton sourire ramène le soleil, parce que tes fous rires remplissent mon monde de couleurs, parce que tu es mon plus grand repère, du début à la fin de toutes choses.
Parce qu'ensemble on a traversé des épreuves pour toujours renaître un peu plus fortes, parce que j'ai eu si peur de te perdre quand tu te battais pour rester avec moi.
Parce que parfois ça m'a énervée d'être "la fille de" mais qu'aujourd'hui ça me rend fière, parce que j'essaie en tant que mère de suivre le chemin de l'amour que tu as esquissé pour moi.

Aujourd'hui est un jour particulier pour toi Maman,je voudrais te dire combien je t'aime, combien ton soutien indéfectible m'est précieux au-delà de tout, combien je suis fière d'être devenue celle que je suis sous ton regard. Je voudrais te dire combien tu es le centre de gravité de toute notre famille qui tourne autour de toi. Je voudrais te dire tout ce qu'il est impossible de dire. Je voudrais te dire que j'aimerais faire tant pour toi comme tu le fais pour moi. Je voudrais t'envoyer un immense bouquet d'oiseaux du paradis portés par une petite elfe au regard espiègle.
Aujourd'hui je viens te souhaiter un heureux anniversaire Maman.



samedi 28 juin 2014

Recommencer

Il y a trois jours, j'ai décidé de recommencer. Je me suis dit qu'après des mois sans avoir approché la "chose", il était temps.
Et puis... J'avais déjà repoussé plusieurs fois l'opportunité, un peu morte de trouille, il était temps de reprendre mes esprits, mon courage et de me jeter à l'eau.

Il y avait l'episio, pas très loin et encore fraîche dans mon esprit. Mais la dernière chose qui avait visité mon intimité ayant maintenant 6 mois, il fallait bien avancer. 

J'avais envie, en plus. Au moins autant que peur. J'en avais gardé un bon souvenir certes, j'étais plutôt nostalgique du bien être apporté par la "chose". 

Pour recommencer il fallait que je me sente totalement en confiance, et que j'arrive aussi à trouver un peu de temps, entre les deux filles toujours dans mes basques... Pas super pratique me direz-vous.

Bref, en un mot comme en cent, il y a trois jours, j'étais prête.
Le jour J, une fois décidée, j'avais peu de temps devant moi. Il fallait faire vite, sans trop de préparation. Tant pis. Quand il faut, il faut. 

Je me détends, on y va.
J'ai les mains un peu moites, je tremble. A peine. Et reprends vite confiance. Si ça se trouve, c'est comme le vélo, ça s'oublie pas. Les copines avaient sûrement raison. Ça me rassure, je me laisse aller un peu plus. Avoir confiance, c'est la clé. 

Depuis tout ce temps que mon corps n'avait rien vu entrer (ou sortir) de lui, les sensations sont étranges. Sentir quelque chose à l'intérieur de moi me paraît incongru. Mais je m'habitue rapidement, et tout me revient. Je n'ai même pas mal. Au bout de plusieurs minutes je me souviens qu'en effet c'est plutôt chouette. Ça détend. Ça me plaît. 

C'est sûr, très vite je vais recommencer.

Bref, il y a trois jours... J'ai recommencé à utiliser ma coupe menstruelle.

lundi 16 juin 2014

Le tournant

Je ne crois pas que j'aurais voulu que ma vie ressemble à un chemin large et droit, sans embûche. Je crois qu'à tout prendre je préfère ressembler à un petit chemin tortueux qui serpente au creux de la campagne qu'à une autoroute.

Moi qui ne supporte pas le tumulte de la ville, qui n'aime pas le bruit des voitures, qui préfère respirer les âpres odeurs de la campagne que celles des pots d'échappement.

 Je préfère sentir mon souffle mourir, chercher l'air dont j'ai besoin de me nourrir, haletant de sentir mes pieds s’écorcher sur les pierres du chemin. Je préfère ne pas voir ce qui se cache au tournant en imaginant y découvrir des senteurs plus belles encore. Je préfère me tromper, encore une fois, ma chance reviendra d'une façon ou d'une autre ; le monde peut s'effondrer mais toujours le printemps revient. Je préfère prendre le temps plutôt que croire l'avoir perdu.

Depuis quelques semaines, je sens que le vent change. Il murmure à mon oreille des choses dont j'ai encore de la peine à saisir le sens mais chaque jour il me semble que la clé n'est pas loin, qu'il suffit de prendre le temps de tendre l'oreille, un peu plus...
Depuis quelques semaines, il me semble qu’imperceptiblement plus souvent le soleil perce la cime des arbres pour venir éclairer le chemin.

C'est étrange cette sensation d'être arrivée comme au tournant de ma vie. C'est comme se tenir là, debout dans la clairière et sentir qu'il va falloir avancer. Mais le chemin n'est pas encore dévoilé et je n'ai pas envie, je n'ai plus envie d'emprunter la noirceur. J'ai envie de choisir un chemin de soleil. Un chemin de chaleur, un chemin sur lequel des bras doux comme des nuages m'entourent et protègent mes secrets.

C'est sans doute aussi le moment de doucement déposer à terre mon costume de "juste maman" et de glisser timidement dans celui de la femme qui était et qui sera. Le moment de cueillir les fleurs de ma féminité qui poussent juste sous mes pieds au lieu de les fouler douloureusement.

C'est peut-être le moment de réapprendre à faire de ma maternité une force pour vivre ma vie de femme. Le moment de retrouver mon sourire caché derrière mes pitreries, le moment de rouvrir mes grands yeux baissés sur mes deux filles.

C'est peut être le moment d'avoir envie d'à nouveau frissonner, m’exalter, de rougir jusqu'au bout des oreilles et d'ouvrir mon cœur plus grand.

C'est peut être ça, le tournant...
Le moment de laisser refleurir la passion de vivre.

jeudi 12 juin 2014

Ce n'était presque rien

Ce n'était rien qu'un peu d'eau.
Rien qu'une vague qui allait et venait sur mon rivage.
Ce n'était qu'une journée du mois de juin.
Ce n'était qu'une main ouverte sur la tienne.
Ce n'étaient que des petits doigts cherchant ma peau
Ce n'était que ton cœur, là tout contre le mien. 
Ce n'étaient que tes yeux immenses ouverts sur le monde.
Ce n'était que ta bouche pressée contre mon sein 
Ce n'était qu'un moment complice avec ton père.
Ce n'étaient que cinq lettres toutes emplies du monde des elfes et huit autres qui la rattachaient aux fées.

C'était il y a quatre ans tout juste. Quatre ans d'une folle aventure. Quatre ans de complicité, quatre ans d'amour fol.
Quatre ans de rires interminables. Quatre ans de pleurs aussi, de disputes aussi brèves et fortes qu'un orage estival.
Quatre ans de nos deux caractères l'un tout contre l'autre, qui s'apprivoisent quelquefois un peu fort.
Quatre ans à retrouver en elle un peu de mon enfance, comme pour mieux la revivre, comme pour panser les blessures qui la retiennent.
Quatre ans à laisser le monde doucement l'entourer.
Quatre ans à me dire que j'ai de la chance d'avoir été choisie, et que j'espère en être digne.
Quatre ans à voir sortir de moi le meilleur et le pire, pour toujours trouver meilleur ensuite.
Quatre ans à constater que la maternité nous change plus profondément que n'importe quoi d'autre. Quatre ans à me rapprocher de mes amis devenus parents et quatre ans à en perdre d'autres sur le chemin, pas tous heureusement.

Et des quatre ans comme ça... un millier ne suffiraient pas à étancher la soif d'amour que cette source a créée.

Ce n'était presque rien, de ces presque riens qui changent une vie. C'était comme le battement d'aile d'une libellule un soir d'été qui devient une tornade de vie dans le jardin de mes rêves.
Ce n'était rien qu'elle ma fille, ma première née, le sang de mon arbre qui se fond pour lui donner racine. Rien qu'elle devenue toute une énorme partie de moi.
Ce n'était rien qu'un tout petit bébé qui m'a changée en mère.

Ce n'était presque rien et c'était tout. C'était toi. C'était le début de nous. 
C'était la première pierre du chemin de ta vie. 
C'était la première lueur du soleil de la mienne.






vendredi 6 juin 2014

De l'impatience

Je suis une femme impatiente. Pas avec mes enfants (quoique...mes heures de sommeil se réduisant de plus en plus comme peau de chagrin depuis des mois je devienne beaucoup, beaucoup moins patiente avec Petite Elfe, à mon grand désespoir), non. Je suis impatiente de vivre.

Du plus loin qu'il m'en souvienne, j'ai toujours aimé le tourbillon de ma vie. Toujours détesté stagner, avoir le sentiment que rien n'avance et que je reste là, à regarder ma vie qui passe en attendant de pouvoir monter dans un wagon.

Je suis impatiente de vivre et ça m'a joué des tours...trop souvent.
Impatiente je fus de quitter le nid familial, impatiente je fus d'aimer, toujours, encore...
Quitter mes parents m'a plutôt réussi, le reste pas vraiment.

Il ya eu ces hommes qui ont traversé ma vie, s'y posant pour quelques jours ou un peu plus.
J'ai eu envie d'y croire, j'ai été impatiente d'aimer, impatiente de vivre à deux, impatiente de me marier, impatiente d'avoir un enfant, impatiente qu'elle grandisse, impatiente de laisser mon mal-être derrière moi, impatiente de divorcer, impatiente d'aimer, impatiente que mon ex-mari quitte enfin la maison, impatiente de vivre avec un nouvel homme.

Impatiente, toujours.
Puis Petite Plume est arrivée, j'ai été si impatiente qu'elle grandisse que je n'ai pas vu filer ces 5 mois et demi avec elle. Elle qui commence à gazouiller, qui me tend les bras quand elle m'aperçoit. Elle qui rit aux éclats de mes âneries. Elle qui aime mes câlins. Je me réveille certains matins en me demandant comment le temps a pu passer si vite sans que je ne le vois filer entre mes doigts.

J'ai été si impatiente d'aimer quand, tentant de sortir la tête de l'eau j'ai rencontré son père. Si impatiente de connaître celui dont les lettres avaient touché mon coeur. Je l'aimais sûrement déjà alors que même mes yeux n'avaient jamais croisé les siens. J'ai été impatiente de ces week end d'escapade à deux, impatiente de retrouver la cohésion des corps.

J'ai été impatiente d'avoir une enfant avec celui que je voyais comme l'homme de ma vie. Ma vie du moment, sans doute, oui...
Finalement, sans qu'on ne le veuille, Petite Plume a pris ses quartiers en moi. J'ai été impatiente de lui trouver un prénom, impatiente de la sentir bouger, impatiente de la rencontrer. Impatiente de voir si l'Amour serait là, au premier regard.

J'ai été si impatiente que ma vie tourbillonne, remplie par les rires de mes enfants.  Impatiente de les voir s'apprendre, de voir se construire sous leur doigts cet amour fraternel.

J'ai été si impatiente de les aimer, si impatiente d'avoir ma famille.

J'ai été si impatiente que je l'ai trop été. C'est comme si je n'avais pas su apprendre de tous ces cailloux sur lesquels ma vie avait déjà trébuché. Comme si chaque matin je me levais innocente comme l'agneau qui vient au monde et que je découvrais mon monde. J'ai été si impatiente que j'en ai été stupide.

Stupide de croire qu'un homme à ce point différent de moi pourrait me convenir. Stupide d'imaginer un seul instant qu'une personne qui aspire à une vie calme et rassurante de ses habitudes puisse avoir une place auprès de moi toujours en mouvement comme l'eau d'un torrent qui emporte tout sur son passage.

Stupide d'imaginer une seconde que je puisse me passer des surprises de la vie. Que je puisse m'enfermer dans une cage. Que je puisse faire taire ce qui crie en moi cette impatience de Vivre.

J'ai été si impatiente de vivre que je ne regrette rien. J'ai deux filles magnifiques que j'aime plus que la Vie elle-même. Deux filles qui portent si bien leurs prénoms si différents, comme deux facettes de moi. Deux filles heureuses j'espère et dont je suis si fière.

J'ai deux filles à protéger désormais. Je n'ai plus envie de courir les yeux fermés, plus envie de me tromper.
Je n'ai plus le droit d'être impatiente, de refaire les mêmes erreurs.

Je suis une femme, une mère. J'ai 29 ans et deux enfants. De deux pères différents. Séparée des deux pères. Ca ne me rend pas fière. Ca ne me rend pas idiote ni courageuse. Ca me met face à mes responsabilités. Face à cette impatience de toujours. face au futur qui s'approche inéluctablement. Face à un homme peut-être qui un jour mettra ses pas dans les miens. A qui mes enfants ne feront pas peur. Qui pourra prendre mon impatience à bout de bras et d'un sourire me faire comprendre que je n'ai plus besoin de courir, de chercher, que ça y est, il est là. Ou au contraire qui prendra mes doigts dans les siens et courra avec moi, avec nous. A jamais et surtout pour toujours.
Peut-être, mais pas aujourd'hui. Pas demain. Pas maintenant.

Il est venu le temps des cathédraaaaaaaaaaaaales de la patience. Le temps de montrer à ma vie que ce dont je suis capable avec mes enfants je le peux aussi pour moi même. Il est venu le temps de prendre conscience que si je peux rester de longues minutes à regarder la pluie, à sentir la caresse du vent sur mon visage je peux aussi prendre le temps de vivre. Le temps d'aimer un Autre viendra un jour, lorsque je serai capable de m'aimer moi. Avec tous les défauts qui me composent. En attendant j'ai le coeur tout juste assez grand pour aimer la Vie et mes enfants.
Commençons par ici. La Vie est là, devant.


vendredi 18 avril 2014

Ecrire

Hier j'écrivais un billet sur les nouveaux bonheurs qui s'offrent à moi depuis que je suis mère, et après en avoir parlé avec une amie, une autre réflexion m'est venue. A propos de ce que j'écris et de ce que ça laisse entrevoir de ma vie.

Il est vrai que je prends souvent le clavier pour vous dépeindre mes beaux moments. La douceur de vivre qui fait que j'arrive peu  peu à avancer. Plus ou moins.
C'est important pour moi d'écrire ce qui est beau pour mieux ancrer le positif dans mon esprit, pour me rappeler, aujourd'hui, demain ou dans un an, que ma vie est belle, toute tordue qu'elle soit parfois, et que je l'aime.

Mais il ne faudrait pas penser que je suis une maman merveilleuse, que tout est rose et que ma vie se déroule telle une envolée de licornes dans un ciel pailleté.
Bien sûr qu'il y a -souvent- des soirs longs, si longs. Que parfois, durant quelques minutes, je sens le découragement m'envahir. Je lui interdis juste de prendre ses quartiers chez moi, je n'ai pas la place pour lui.
Bien sûr que les nuits sont hachées (menu), toujours. Que je n'ai pas dormi une nuit entière depuis des mois, que mon dos me fait souffrir plus que de raison et que mes cernes me défigurent. Bien sûr que je me trouve moche, que j'atteins chaque jour un peu plus ce que je pense être les limites de ma fatigue. Et puis non finalement. J'avance, je survis. C'est difficile les premières minutes, j'ai mal, je voudrais tellement m'exiler sous ma couette pour mille années au moins et dormir... Mais ça serait manquer quelques sourires, une occasion de déjeuner ensemble. Et je vois bien que le temps file, si vite...

J'ai envie de profiter de chaque instant, de ne jamais me réveiller plus tard avec au cœur des regrets.
Je suis une femme exigeante, très. Avec les autres oui mais avant tout avec moi même. Je ne peux pas me faire à l'idée qu'un jour je puisse m'en vouloir alors je fais tout pour ne pas atteindre ce point là.

Alors oui, bien sûr, parfois c'est dur. Souvent, même, depuis la naissance de Petite plume. Mon corps souffre et ça me pèse. Mais tant pis. Ce n'est pas ce que je veux retenir. Quand j'y repenserai, dans un mois, dans un an.
Elle aura 4 mois très bientôt et déjà c'est comme l'éternité à ses côtés qui s'est déroulée.

Alors j'écris, j'écris pour retenir les beaux moments au creux de moi. Les longues balades sous le soleil et la brise printanière, pour oublier les après-midi pluvieux à tourner en rond avec deux enfants énervées à la maison. J'écris les gâteaux au chocolat recouverts de bonbons pour oublier les kilos de pâtes ingurgités depuis quelques mois. J'écris les câlins à deux ou trois, mon cœur qui se gonfle à en éclater de joie. Et je n'écris pas les longues soirées de pleurs qui s'éternisent. Je n'écris pas ma fille qui ne sait toujours pas s'endormir sans mon petit doigt. Un jour elle le lâchera alors peu importe.

J'écris pour ne pas oublier de vivre ma vie comme je la veux et non pas comme je la subis. J'écris pour qu'un jour lointain, quand elles me liront, elles sachent que chaque minute à leurs côtés me fut précieuse.  Que ce ne m'a jamais réellement coûté de mettre des parenthèses à certains aspects de ma vie pour les élever dans ce que je pensais important.

Bien sûr que parfois j'ai envie d'un bon gros carré de chocolat au lait et au sel de Guérande, mais je n'allaiterai pas Petite Plume toute ma vie et tant pis le chocolat attendra puisque le lait lui fait si mal au ventre. Bien sûr que danser me manque à en crever, que je suis incapable de regarder des gens qui dansent sans qu'une larme me monte aux yeux, sans que mon cœur se serre à la pensée que moi je ne danse plus. Un jour ça reviendra et ce jour-là ce sera encore plus beau qu'avant.

Bien sûr que parfois je perds patience, que je crie, toujours un peu trop encore. Que mon caractère impulsif prend encore le dessus.  Bien sûr que chaque fois, juste après, je me déteste.
Alors j'écris. J'écris pour moi, pour ne pas oublier que jamais je ne lève la main sur mon enfant. Que même si je suis une grosse brute je respecte mes enfants. J'écris pour me souvenir que ces quelques années de ma vie à prendre sur moi bâtissent les dizaines d'années de leurs futurs à elles et à leurs enfants. J'écris pour me rappeler que d'autres solutions existent. J'écris pour que plus tard elles sachent que toujours ça ne va pas de soi mais que l'Amour est un moteur plus puissant que n'importe qu'elle autre énergie renouvelable.



Bien sûr qu'une sourde angoisse m'étreint parfois quand je songe à tous ces aspects de ma vie que je n'ai pas réussi. Je suis fière de certains de mes choix, je me trouve assez naze en concernant certains autres. J'écris pour me permettre de faire le tri de ce que je veux garder. Sans doute pas les regrets.

J'écris pour me rappeler qu'écrire dans cet espace m'a ouvert un champ des possibles insoupçonnable. Que je me nourris de vos rencontres, de vos idées, de ces pistes glanées ici ou là.

Je ne suis pas une mère qui aurait la prétention de se croire parfaite. Je pense que chaque mère a en elle la capacité d'être la mère parfaite pour ses enfants, il suffit de ne pas oublier chaque matin d'enfiler sa confiance en sautant hors du lit.  Je pense que nos enfants nous ont choisi, bien avant d'arriver, lorsqu'ils étaient là haut dans les étoiles comme je dis à Petite Elfe. En connaissance de cause. Pour grandir et pour nous faire grandir. Le cercle de la vie, un éternel recommencement.

Je voudrais vous dire, à toutes les mères, qu'on a reçu le plus beau des cadeaux. Que chaque matin se renouvelle la possibilité de rendre la vie plus belle. Qu'on a le choix de la saisir ou non. Qu'il y a des matins plus pénibles que d'autres, des jours où on a le droit de s'accorder la vivacité d'une limace. Qu'on peut parfois enchaîner 2 DVD parce que ce jour là ben non impossible de faire autrement. Nous sommes humaines, toutes (oui même moi "Maman Elfe").
Notre vie a de beaux aspects, toujours, quelle que soit notre journée.
Je sais aussi que parmi mes lecteurs il y en a dont les enfants sont loin. L'épreuve est difficile, je n'ai même pas idée à quel point ça peut l'être. Je pense aussi à vous. Ne pas perdre l'espoir, chaque épreuve de la vie nous renforce et un jour les choses prendront leur sens.

On peut choisir, toujours. Voir les mauvaises petites choses cumulées qui font que la journée a été juste pourrie ou voir le rayon de soleil qui a brillé certes une seule minute mais qui en cet instant a réchauffé notre cœur. Tout est une question de point de vue...

Je ne vous raconte pas que ma vie est merveilleuse, loin de là . Il y a beaucoup trop de choses qui cafouillent, beaucoup d'angoisses tapies en moi. Des regrets, de la colère. De la tristesse.

Mais il y a aussi une tonne d'espoir. Et cet espoir, c'est lui qui vous écrit....



vendredi 4 avril 2014

Toi...

J'aurais des milliards de choses à dire sur toi et je ne sais pas trop comment m'y prendre...

T'aurais pu penser que j'étais bien jeune pour être ton amie et pourtant tu m'as ouvert la porte de ton amitié et fait une place au cœur de toi.

T'aurais pu me laisser tomber lorsqu'on s'est retrouvés coincés à habiter dans un appart minuscule bloqués dans la neige, et pourtant chaque matin et chaque soir tu faisais ce long trajet à pied pour que je ne sois pas seule les nuits.

T'as toujours été là pour parler de rien et puis de tout. Pour partager tout ce qu'on a en commun et apprendre tout ce qu'on n'a pas encore.

Tu n'as jamais jugé aucun de mes choix, même les plus mauvais que j'ai su inventer (et que j'invente encore...), tu as juste toujours été là pour accompagner mes chutes et rendre l'atterrissage moins douloureux.

T'as les oreilles tellement grandes que tu dois être un elfe, et tu m'as tant écoutée ces onze dernières années que tu mériterais une médaille du courage.

T'as déployé des trésors d'imagination quand je me suis mariée, t'as tellement joué le jeu...

T'as toujours avec toi mille raisons de faire des choses passionnantes ensemble, pour les filles et pour moi.

Tu plies comme personne et tu aimes encore plus que nous attraper des bestioles et courir la campagne.

Tu aimes passer du temps avec nous - et nous avec toi.

T'aimes toujours ce que je te cuisine.

Tu n'oublies jamais ton sourire, et c'est comme un soleil qui brille dans ma maison.

Je sais que tu détestes qu'on te souhaite ton anniversaire, mais je ne l'oublie jamais et je sais maintenant qu'au fond tu adores ça.

Tu as répondu plusieurs fois à mes appels à venir partager du temps dans ma classe avec les gnomes et leurs questions.

Même quand j'ai eu cet accident, le seul de ma vie, tu étais juste derrière moi et je ne me suis pas inquiétée.

T'as un humour comme le mien, et ça, ce n'est pas rien.

T'es une belle personne, et je suis fière d'être ton amie. Je t'aime fort, tu le sais bien..

T'aurais pu être mon père, un amant ou un grand frère.
T'es mon meilleur ami, et bien plus encore...
Merci, vraiment.


lundi 17 février 2014

Et repartir...

Depuis longtemps j'ai l'impression que ma vie s'est arrêtée, comme si le bouton pause était coincé, comme si tout ce qui faisait ce que je suis était mis en suspens.Tout est en place, le soleil se lève chaque matin et je reproduis les mêmes gestes.

Moi qui déteste la routine, je vis comme coincée dans cette mécanique toute bien huilée qui de jour en jour m'entraîne dans un futur inconnu que je déteste déjà.

 J'ai pourtant bien au monde ma Petite Plume, je l'apprends jour après jour dans ses sourires, dans ses yeux  qui plongent au fond de  mon âme et me questionnent soir après soir.
Je me suis pourtant remise en question, j'essaie de grandir, de comprendre.
J'ai pourtant deux filles adorables, en excellente santé.
Je suis pourtant comblée par ce second allaitement qui fait s'envoler une nuée de papillons dans mon ventre.

Et cependant... il y a toujours là, caché en moi ce sentiment de m'être perdue en chemin, d'avoir oublié comment marcher sur le chemin de ma vie.
Déçue de mal gérer cette seconde maternité, obligée que je suis de moins être présente pour Petite Elfe.
Fatigué d'être énervée, souvent. En colère, beaucoup.
Triste de ne plus me retrouver, me reconnaître. Fuir ces yeux croisés dans le miroir et qui me transpercent de remords.
Perplexe. Où est-elle, Karine? Où est Maman Elfe? Pourquoi?

J'étais rêveuse, j'aimais rire. J'adorais les surprises, autant en faire qu'en recevoir.
J'étais joyeuse. J'étais active, sans cesse.
J'adorais lire, parfois jusque très tard le soir, juste pour continuer un peu, encore un tout petit peu...
J'aimais flâner dans mon jardin, cueillir des fleurs et voir la lumière jouer dans les bulles que j'envoyais vers les nuages.

C'était comme si le temps s'était figé là, laissant sur place celle que  j'étais, prise dans la spirale du temps qui passe et n'emporte rien.

Et puis... il y eut des projets, un en particulier. L'envie de revoir des gens que j'aime, d'en connaître d'autres. L'envie d'ouvrir ma porte et de m'abandonner, pour quelques heures. L'envie de vivre ce joyeux bordel que j'imaginais déjà.

Ils sont venus. Ils ont traversé la France pour rejoindre mon jardin. Même malades, même avec les enfants. En train, en voiture, ils sont venus.

C'était évident, comme si on s'était dit au revoir hier seulement. Comme si depuis notre enfance on marchait côté à côte.

J'ai mis le temps mais j'ai compris. J'ai trouvé.

C'était là, juste sous mes yeux. Dans mes amis que je me cachais. Dans nos échanges que je pouvais exister à nouveau.
C'était avec eux, sous leur regard que je pouvais laisser s'envoler le poids qui pesait si lourd sur mes épaules. C'était dans notre groupe que je pouvais retrouver qui j'étais.
C'était comme ça qu'à nouveau j'avais envie de rire. Que d'un seul coup j'avais l'impression que le chemin devenait plus clair.


Pendant des mois je me suis cachée. J'ai essayé d'enterrer au plus profond de moi ce que j'aurais du laisser vivre. Nous sommes loin, la vie coule et le temps nous manque. Alors j'avais comme oublié.
J'y pensais moins, on s’appelait moins. Je me disais que c'était comme ça, que j'étais peut être juste en train de vieillir, de devenir un peu plus adulte. Je me disais que grandir c'était un peu comme mourir. Mourir à l'enfant qui est en nous. Je trouvais ça bien dommage.

Finalement, c'est en m'autorisant à être moi que je me suis retrouvée. En tenant des promesses, en en brisant d'autres qui n'avaient d'autre sens que de faire mal. En n'essayant plus d'être  celle que j'aurais aimé être que je pouvais être celle que j'étais.

Et puis j'ai adoré préparer leur arrivée. Un anniversaire à fêter, un week end à organiser. J'ai pris le temps de choisir à chacun un cadeau, pour les remercier d'être venus, de me donner le sentiment d'être à ma place. Pris le temps de leur écrire chacun un petit mot. D'imaginer ce qui pourrait plaire aux enfants.
J'ai adoré acheter des bulles, avec l'espoir qu'on déballerait tout ça pour aller buller dehors, ce qu'on a fait.
J'ai aimé chercher le bon cadeau, celui qui toucherait juste là où j'en avais envie. Merci à Stéphanie de Kidéclate de m'avoir aidée dans ma démarche (je vous en reparle très bientôt).



J'ai adoré les heures qui viennent de passer, et celles qui restent à vivre, je les aime déjà.
J'ai adoré la tribu qui a squatté mon canapé et la mini tribu qui le squatte encore.

Les rires des enfants m'ont rempli le coeur à déborder.
Je me suis sentie plus à l'aise, plus patiente avec Petite Elfe.
J'ai été moins à cheval sur l'horaire du coucher, j'ai osé rester plus tard, discuter, rire.
J'ai adoré jouer avec eux. Rire à gorge déployée et constater que oui, c'est évident, Ils me connaissent bien.
J'ai pleuré quand j'ai lu leurs quelques mots sur cette carte. Je me suis dit qu'il était plus que temps d'écrire à nouveau. Plus. Mieux.

J'ai eu à chaque instant le sentiment d'avoir débloqué quelque chose.
Le sentiment qu'enfin ça bougeait. Et que je le pouvais.
Repartir.

Aujourd'hui il me fallait juste dire merci, merci à Toi, Toi et Toi. Merci à vos enfants. Merci d'être vous.
Leur dire merci...et repartir.







jeudi 30 janvier 2014

Avoir si mal à toi...

Il y eut un début. C'était beau, c'était fort, c'était comme un grand soleil qui d'un coup brillait sur moi, éclairant l'avenir d'une perspective des plus belles.
Un début qui laissait présager que la suite serait grande. Je rêvais déjà à l'avenir, j'imaginais la famille qui s'agrandirait sûrement. Les enfants, leur fratrie complice, je l'espérais.

Il y eut un début, l'impatience qui me caractérise allant en grandissant, l'envie de plus que quelques heures volées au temps qui passe de loin en loin. L'envie chaque matin d'ouvrir mes yeux dans les siens, l'envie de laisser un peu ma voiture au garage et de cesser d'écumer les routes en quittant Petite Elfe le cœur serré d'être loin d'elle tout autant que bondissant de joie d'aller retrouver sa moitié.

Il y eut un début, puis 8 mois plus tard le jour tant attendu arrivait. Une valise à la main il était là, derrière la porte et je l'ouvrais enfin sur l'avenir.
Les premiers temps l'Amour remplit tout, chaque chose paraît soudain extraordinaire et chaque sourire rend les jours qui passent remplis de bonheur.
On prend nos marques à trois, c'est chouette.
Certains jours, c'est un peu plus compliqué, qui dit nouveau couple dit nouveau mode de communication, il faut s'apprendre.
Difficile pour Lui de quitter véritablement sa vie d'avant, difficile pour moi de prendre le temps de m'adapter, happée par le tourbillon de ma vie qui balaye chacune de mes journées. Pas toujours simple de prendre le temps d'expliquer comment on vit, de faire les compromis qui s'imposent quand je jongle entre ma fille, mon boulot et cette nouvelle vie qui s'ouvre remplie de questionnements. Est-ce que j'ai eu raison, pour Petite Elfe de demander à son père de quitter notre colocation et d'y faire entrer un autre homme qui l'élèvera tandis que dorénavant elle ne verra que très peu son papa? Est-ce que j'ai eu raison de lui demander de venir alors qu'il vient de si loin et que finalement on se connaît si peu?

Il y eut un début et puis tout se précipita.. Quelques semaines après son arrivée, le doute s'insinue en moi, quelques signes me font penser que...
Il est temps d'en être sûre. Il est absent, parti pour quelques jours mais je n'ai pas la force d'attendre, il FAUT que je sache. Un soir, en rentrant du boulot, Petite Elfe regarde calmement un dessin animé et moi je m'isole. Faire le test, savoir, maintenant.

J'en étais sûre. Je déborde d'une joie immense à la pensée qu'une seconde fois je vais connaître le bonheur de donner la vie. Je pleure, je lui parle à ce minuscule têtard en devenir, des millions de projets d'avenir se bousculent dans ma tête, au creux desquels deux enfants courent autour de moi.
Le prévenir, maintenant. Une photo envoyée dans le ciel, un coup de fil puis le tonnerre. Parce que si moi je le sentais, si j'en étais certaine ce n'était pas une évidence pour Lui, ni ce qu'il avait imaginé. Je le trouve glacial au bout du fil, je suis immédiatement douchée de mon nouveau Bonheur. On en parlera plus tard...
Les jours passent, j'attends son retour en caressant distraitement mon ventre empli de questions.

Il y eut un début et il y eut une fin. La fin des premiers émois, des papillons dans le ventre et des yeux qui brillent même au plus profond de la nuit. Le début des doutes, l'énervement qui s'installe. Rien ne va plus, Il est trop ci, pas assez ça... Moi qui quelques semaines auparavant débordait d'amour c'est maintenant, doucement, presque une sorte de haine qui s'installe. J'ai des milliers de griefs et cet enfant qui grandit dans mon ventre, sans prénom, sans véritable existence propre à mes yeux.
Incapable de leur parler, je me raccroche à la seule bouée qui me reste : ma fille. Chaque matin, sa voix me sort la tête de l'eau et me maintient au-dessus des flots pour s'éteindre le soir et me laisser plonger dans le néant.
J'ai mal à moi, j'ai mal à nous, j'ai mal à lui, mal à cette petite fille qui grandit en mon sein. J'ai mal, mal mal.
J'ai même fini par quitter ma maison, étrangère à mes murs, étrangère à tout ce qui faisait mon cocon depuis 3 ans. Retrouver la chaleur du foyer de mon enfance, panser mes plaies, survivre. J'ai l'impression d'être en train de mourir à moi-même, je ne me reconnais plus, bercée par la colère et le chagrin. Et cettte immense fatigue qui me submerge....

Heureusement qu'ils sont là, ma famille, mes amis. Il y a ceux qui sont juste là pour ouvrir leurs bras, il y a ceux qui sans le vouloir m'aident à nourrir ma colère et il y a ceux qui essaient d'apaiser la situation, qui me demandent de revenir sur ma décision, de lui laisser une seconde chance. Pour le moment je suis hermétique à ce genre de discours, j'ai juste mal. Et quand je le vois, j'ai envie de hurler, envie de lui cogner sur la poitrine pour crier ma rage, envie de lui dire que cet enfant je ne le veux plus, que je veux revenir en arrière, le voir repartir d'où il vient, je veux retrouver Karine, retrouver Maman Elfe, retrouver Petite Elfe. J'ai envie de pleurer.

Le 20 décembre, j'ai à nouveau donné la vie. Dans la juste lignée de cette terrible grossesse, dans la douleur. J'avais souhaité donner la vie naturellement, et je l'ai fait en croyant au passage y perdre la mienne. J'ai pleuré en 3 heures tout ce qui n'avait pas pu sortir pendant 9 mois. Je me suis excusée des dizaines de fois dans le délire au creux duquel j'étais plongée. Comme si demander pardon à la sage-femme, à ma mère qui tenait ma main était le premier pas vers la guérison de nous.

Les premiers jours, j'ai flotté dans une mer de doute et de colère qui s'efface, laissant place au chagrin. Je viens de donner la vie, je suis remplie d'amour pour cette petite fille sans laquelle je ne pourrais désormais plus vivre et je suis vide de tout le reste. Je voudrais tellement partager notre enfant, la découvrir, l'aimer, la couver à deux. Mais je n'y arrive pas, j'ai la gorge serrée, le cœur empli de larmes qui ne trouvent plus le chemin.

Il aura fallu plusieurs jours, les hormones qui m'habitaient laissant doucement place à mes yeux qui s'ouvrent. Des élans de tendresse qui me submergent envers celui que deux semaines plus tôt j'avais le sentiment de haïr.
Il aura fallu plusieurs jours pour lui laisser l'ouverture. Des mains qui se frôlent, des lèvres qui s'effleurent.


Il y eut un début, une fin, et le début d'autre chose. Nous sommes une famille, nous sommes quatre unis par un amour qui nous lient tous les uns aux autres. Il est temps désormais que chacun affirme la place qu'il a trouvé, temps que Petite Plume soit submergée de l'amour dont elle a manqué pendant quelques mois.


Ce billet, je me devais de le partager avec vous. Parce qu'écrire est le meilleur moyen de me libérer, parce que je ne suis pas la seule à qui ça peut arriver (coucou ma copine qui comprendra que je parle d 'elle). Parce que j'ai eu la chance qu'Il m'attende et ne refuse pas le premier pas vers un retour à nous. Parce que tout aurait pu finir alors que sans ces fichues hormones on n'en serait jamais arrivés là. Parler, parler et parler encore, c'est le seul moyen de ne pas laisser mourir ce qui fait ce nous. Parler même si c'est pour lui dire qu'on n'arrive pas à montrer notre amour. Parler pour lui expliquer qu'on est remplie de doutes mais parler pour être capable d'attendre l'arrivée de cet enfant, parler pour garder une certaine sérénité.
Parler.
Parler.


mardi 31 décembre 2013

Les chaussettes noires

Bonjour, je suis la paire de chaussettes noires. J'ai changé la vie de Maman Elfe et désormais, quand elle m'enfile, c'est toujours avec ce léger sourire niais accroché aux lèvres et un petit chatouillis au cœur.
Je vous vois sourire...mais ne riez pas, vous aimeriez peut être vous aussi avoir une paire de chaussettes noires dans votre vie!

Tout a commencé la 19 décembre. Il est environ 20h30, comme tous les soirs depuis deux semaines, je suis déposée sur une chaise de la cuisine "au cas où on devrait partir en pleine nuit". Parano, un peu, Maman Elfe?Stressée? Flippée?
Bref, je m'apprête donc à passer une nouvelle nuit dans la cuisine, entre les bâillements du chien et le plancher qui craque quand Elle se lève (4 fois, 5 fois) pour vider sa vessie.

Quand soudain, 22 heures sonnent et Elle débarque comme une dingue dans la cuisine en apostrophant sa mère d'un truc un peu décousu débité d'une traite qui ressemblait à "J'ai senti la tête descendre dans mon bassin-je perds du sang-j'ai mal-on s'en va". On m’attrape, on me tiraille, on me malmène et on m'enferme dans une paire de bottes à l'odeur douteuse (pardon de casser le mythe mais zut à la fin, l'elfe pue des pieds, il faut le dire!). Je sens soudain des vibrations intenses, on se croirait sur un circuit automobile, les instructions du copilote en moins, les pleurs et les "ne sors pas dans la voiture s'il te plaît" en plus. Elles sont dingues je crois.

Le trajet passe très vite, on arrive dans un endroit très silencieux et j'entends Maman Elfe dire à un homme "c'est le moment". Il lui répond de monter vite, qu'on verra le reste plus tard. En effet, elle monte vite la bougresse, elle a comme retrouvé sa jeunesse perdue ces dernières semaines durant lesquelles elle arrivait à peine à m'enfiler.

Là-haut, c'est confus, je ne comprends pas tout, mais très vite on me débarrasse de ces fichues bottes qui m'empêchent de voir. On m'installe sur un lit et la dame dit "on va quand même vérifier que c'est bien le moment avant de faire l'admission". Et Mamie Elfe qui se décompose, semblant dire "non mais c'est une blague, elle a failli accoucher dans ma voiture!". Et l'Autre qui chouinasse en marmonnant que ça ne peut pas être une fausse alerte.

Au bout de quelques minutes, les emmerdes commencent. J'ai envie de vomir tellement on me secoue en tous sens. Elle se prend pour une girouette ou bien elle a perdu la tête. A quatre pattes, assise, par terre, sur le lit. Elle ne sait vraiment pas ce qu'elle veut, j'en ai le tournis. Et pas moyen de dormir, elle gigote à chaque minute en gémissant qu'elle a mal.

Finalement je comprends qu'elle va rester ici, la gentille dame toute douce n'arrête pas de dire un nombre qui n'est jamais le même, et ça a l'air d'être plutôt positif. 2, 3, 5 il est 23 heures, j'ai chaud. Ca tombe bien, Elle commence à retirer tous ses vêtements. Chic, je vais pouvoir siester, ce fauteuil m'a l'air pas mal confortable!

Mais....c'est quoi ce délire? Elle est complètement à poil et moi? Tu m'as oublié? Youhou, je suis là! Enlève moi au lieu d'enfiler cet espèce de drap bleu qui laisse voir la moitié de tes fesses à tout le monde! Non mais oh!
Peine perdue. Ces chouinasseries ont du la rendre sourde. Il en faudrait moins pour ça.
C'est le nombre 8 qui semble être le signal du départ. Je me retrouve installée sur un fauteuil qui roule, on arrive dans une salle toute froide avec une table bizarre au centre. On se croirait dans un laboratoire d'expériences. J'espère qu'il ne sont pas spécialisés dans les tests sur les chaussettes.
Et pendant ce temps-là, je peux vous dire qu'elle braille, la dinde. Elle pleure-crie des trucs du genre "j'ai maaaaaaaaal", "sors de ce corps bordel". Et elle qui commençait à devenir plutôt polie ces derniers mois ponctue chaque spasme de "putains" dont elle s'excuse aussitôt. C'est gai. Mais qu'est ce que je fous là, moi, putain? Pardon.

A partir de là tout s'enchaîne très vite, Elle crie tellement que la gentille dame fait tout pour la faire taire, je le vois bien. Elle perce une poche (je vois pas bien laquelle vu que Maman Elfe est quasiment à poil mais bon), elle s'active. Et l'Autre braille "j'ai mal, je suis fatiguée, sors de là"...rien de bien nouveau. Je me retrouve soudain dans les airs, je prends de la hauteur sur la situation. Je vois un truc noir qui tente de sortir d'un tunnel, là, en bas. C'est un peu étrange, ce truc, je ferme les yeux.

Elle râle, je crois comprendre qu'elle pousse (je ne sais pas trop quoi ou qui hein, je vous rappelle que j'ai les yeux fermés). Elle semble prise de panique aussi, lorsque la gentille dame demande d’appeler un médecin parce que le cœur du bébé baisse. Elle se met à râler de plus belle, je sens jusqu'au bout de ses orteils qu'elle est en train de fournir un effort immense.Tout à coup, elle braille, mais c'est différent. Elle crie "Ca y est, je l'ai sentie, la tête est sortie!" Suivi presque aussitôt de "Ca y est c'est fini!". Il est minuit 53, qu'elle dit la dame. Ca a l'air important.

J'ouvre timidement les yeux, mince alors! Y'a un bébé tout chevelu posé sur Maman Elfe qui a une tête de mort vivant échappé de sa tombe. Et pourtant elle se marre comme une baleine, va comprendre. Tout ne tourne pas très rond dans sa tête, je vous jure. Parce que, vous savez quoi? C'est à cet instant précis, tellement épuisée qu'elle peine à parler, que j'entends sa toute petite voix qui s'élève et qui dit "ben mince, j'ai accouché en chaussettes!"

Les femmes. Cette énigme.