Il y eut un début. C'était beau, c'était fort, c'était comme un grand soleil qui d'un coup brillait sur moi, éclairant l'avenir d'une perspective des plus belles.
Un début qui laissait présager que la suite serait grande. Je rêvais déjà à l'avenir, j'imaginais la famille qui s'agrandirait sûrement. Les enfants, leur fratrie complice, je l'espérais.
Il y eut un début, l'impatience qui me caractérise allant en grandissant, l'envie de plus que quelques heures volées au temps qui passe de loin en loin. L'envie chaque matin d'ouvrir mes yeux dans les siens, l'envie de laisser un peu ma voiture au garage et de cesser d'écumer les routes en quittant Petite Elfe le cœur serré d'être loin d'elle tout autant que bondissant de joie d'aller retrouver sa moitié.
Il y eut un début, puis 8 mois plus tard le jour tant attendu arrivait. Une valise à la main il était là, derrière la porte et je l'ouvrais enfin sur l'avenir.
Les premiers temps l'Amour remplit tout, chaque chose paraît soudain extraordinaire et chaque sourire rend les jours qui passent remplis de bonheur.
On prend nos marques à trois, c'est chouette.
Certains jours, c'est un peu plus compliqué, qui dit nouveau couple dit nouveau mode de communication, il faut s'apprendre.
Difficile pour Lui de quitter véritablement sa vie d'avant, difficile pour moi de prendre le temps de m'adapter, happée par le tourbillon de ma vie qui balaye chacune de mes journées. Pas toujours simple de prendre le temps d'expliquer comment on vit, de faire les compromis qui s'imposent quand je jongle entre ma fille, mon boulot et cette nouvelle vie qui s'ouvre remplie de questionnements. Est-ce que j'ai eu raison, pour Petite Elfe de demander à son père de quitter notre colocation et d'y faire entrer un autre homme qui l'élèvera tandis que dorénavant elle ne verra que très peu son papa? Est-ce que j'ai eu raison de lui demander de venir alors qu'il vient de si loin et que finalement on se connaît si peu?
Il y eut un début et puis tout se précipita.. Quelques semaines après son arrivée, le doute s'insinue en moi, quelques signes me font penser que...
Il est temps d'en être sûre. Il est absent, parti pour quelques jours mais je n'ai pas la force d'attendre, il FAUT que je sache. Un soir, en rentrant du boulot, Petite Elfe regarde calmement un dessin animé et moi je m'isole. Faire le test, savoir, maintenant.
J'en étais sûre. Je déborde d'une joie immense à la pensée qu'une seconde fois je vais connaître le bonheur de donner la vie. Je pleure, je lui parle à ce minuscule têtard en devenir, des millions de projets d'avenir se bousculent dans ma tête, au creux desquels deux enfants courent autour de moi.
Le prévenir, maintenant. Une photo envoyée dans le ciel, un coup de fil puis le tonnerre. Parce que si moi je le sentais, si j'en étais certaine ce n'était pas une évidence pour Lui, ni ce qu'il avait imaginé. Je le trouve glacial au bout du fil, je suis immédiatement douchée de mon nouveau Bonheur. On en parlera plus tard...
Les jours passent, j'attends son retour en caressant distraitement mon ventre empli de questions.
Il y eut un début et il y eut une fin. La fin des premiers émois, des papillons dans le ventre et des yeux qui brillent même au plus profond de la nuit. Le début des doutes, l'énervement qui s'installe. Rien ne va plus, Il est trop ci, pas assez ça... Moi qui quelques semaines auparavant débordait d'amour c'est maintenant, doucement, presque une sorte de haine qui s'installe. J'ai des milliers de griefs et cet enfant qui grandit dans mon ventre, sans prénom, sans véritable existence propre à mes yeux.
Incapable de leur parler, je me raccroche à la seule bouée qui me reste : ma fille. Chaque matin, sa voix me sort la tête de l'eau et me maintient au-dessus des flots pour s'éteindre le soir et me laisser plonger dans le néant.
J'ai mal à moi, j'ai mal à nous, j'ai mal à lui, mal à cette petite fille qui grandit en mon sein. J'ai mal, mal mal.
J'ai même fini par quitter ma maison, étrangère à mes murs, étrangère à tout ce qui faisait mon cocon depuis 3 ans. Retrouver la chaleur du foyer de mon enfance, panser mes plaies, survivre. J'ai l'impression d'être en train de mourir à moi-même, je ne me reconnais plus, bercée par la colère et le chagrin. Et cettte immense fatigue qui me submerge....
Heureusement qu'ils sont là, ma famille, mes amis. Il y a ceux qui sont juste là pour ouvrir leurs bras, il y a ceux qui sans le vouloir m'aident à nourrir ma colère et il y a ceux qui essaient d'apaiser la situation, qui me demandent de revenir sur ma décision, de lui laisser une seconde chance. Pour le moment je suis hermétique à ce genre de discours, j'ai juste mal. Et quand je le vois, j'ai envie de hurler, envie de lui cogner sur la poitrine pour crier ma rage, envie de lui dire que cet enfant je ne le veux plus, que je veux revenir en arrière, le voir repartir d'où il vient, je veux retrouver Karine, retrouver Maman Elfe, retrouver Petite Elfe. J'ai envie de pleurer.
Le 20 décembre, j'ai à nouveau donné la vie. Dans la juste lignée de cette terrible grossesse, dans la douleur. J'avais souhaité donner la vie naturellement, et je l'ai fait en croyant au passage y perdre la mienne. J'ai pleuré en 3 heures tout ce qui n'avait pas pu sortir pendant 9 mois. Je me suis excusée des dizaines de fois dans le délire au creux duquel j'étais plongée. Comme si demander pardon à la sage-femme, à ma mère qui tenait ma main était le premier pas vers la guérison de nous.
Les premiers jours, j'ai flotté dans une mer de doute et de colère qui s'efface, laissant place au chagrin. Je viens de donner la vie, je suis remplie d'amour pour cette petite fille sans laquelle je ne pourrais désormais plus vivre et je suis vide de tout le reste. Je voudrais tellement partager notre enfant, la découvrir, l'aimer, la couver à deux. Mais je n'y arrive pas, j'ai la gorge serrée, le cœur empli de larmes qui ne trouvent plus le chemin.
Il aura fallu plusieurs jours, les hormones qui m'habitaient laissant doucement place à mes yeux qui s'ouvrent. Des élans de tendresse qui me submergent envers celui que deux semaines plus tôt j'avais le sentiment de haïr.
Il aura fallu plusieurs jours pour lui laisser l'ouverture. Des mains qui se frôlent, des lèvres qui s'effleurent.
Il y eut un début, une fin, et le début d'autre chose. Nous sommes une famille, nous sommes quatre unis par un amour qui nous lient tous les uns aux autres. Il est temps désormais que chacun affirme la place qu'il a trouvé, temps que Petite Plume soit submergée de l'amour dont elle a manqué pendant quelques mois.
Ce billet, je me devais de le partager avec vous. Parce qu'écrire est le meilleur moyen de me libérer, parce que je ne suis pas la seule à qui ça peut arriver (coucou ma copine qui comprendra que je parle d 'elle). Parce que j'ai eu la chance qu'Il m'attende et ne refuse pas le premier pas vers un retour à nous. Parce que tout aurait pu finir alors que sans ces fichues hormones on n'en serait jamais arrivés là. Parler, parler et parler encore, c'est le seul moyen de ne pas laisser mourir ce qui fait ce nous. Parler même si c'est pour lui dire qu'on n'arrive pas à montrer notre amour. Parler pour lui expliquer qu'on est remplie de doutes mais parler pour être capable d'attendre l'arrivée de cet enfant, parler pour garder une certaine sérénité.
Parler.
Parler.
Bienvenue dans le jardin (presque) secret de la famille elfe. Suivez nos aventures, entrez dans notre cuisine et découvrez notre mode de vie!
jeudi 30 janvier 2014
mardi 31 décembre 2013
Les chaussettes noires
Bonjour, je suis la paire de chaussettes noires. J'ai changé la vie de Maman Elfe et désormais, quand elle m'enfile, c'est toujours avec ce léger sourire niais accroché aux lèvres et un petit chatouillis au cœur.
Je vous vois sourire...mais ne riez pas, vous aimeriez peut être vous aussi avoir une paire de chaussettes noires dans votre vie!
Tout a commencé la 19 décembre. Il est environ 20h30, comme tous les soirs depuis deux semaines, je suis déposée sur une chaise de la cuisine "au cas où on devrait partir en pleine nuit". Parano, un peu, Maman Elfe?Stressée? Flippée?
Bref, je m'apprête donc à passer une nouvelle nuit dans la cuisine, entre les bâillements du chien et le plancher qui craque quand Elle se lève (4 fois, 5 fois) pour vider sa vessie.
Quand soudain, 22 heures sonnent et Elle débarque comme une dingue dans la cuisine en apostrophant sa mère d'un truc un peu décousu débité d'une traite qui ressemblait à "J'ai senti la tête descendre dans mon bassin-je perds du sang-j'ai mal-on s'en va". On m’attrape, on me tiraille, on me malmène et on m'enferme dans une paire de bottes à l'odeur douteuse (pardon de casser le mythe mais zut à la fin, l'elfe pue des pieds, il faut le dire!). Je sens soudain des vibrations intenses, on se croirait sur un circuit automobile, les instructions du copilote en moins, les pleurs et les "ne sors pas dans la voiture s'il te plaît" en plus. Elles sont dingues je crois.
Le trajet passe très vite, on arrive dans un endroit très silencieux et j'entends Maman Elfe dire à un homme "c'est le moment". Il lui répond de monter vite, qu'on verra le reste plus tard. En effet, elle monte vite la bougresse, elle a comme retrouvé sa jeunesse perdue ces dernières semaines durant lesquelles elle arrivait à peine à m'enfiler.
Là-haut, c'est confus, je ne comprends pas tout, mais très vite on me débarrasse de ces fichues bottes qui m'empêchent de voir. On m'installe sur un lit et la dame dit "on va quand même vérifier que c'est bien le moment avant de faire l'admission". Et Mamie Elfe qui se décompose, semblant dire "non mais c'est une blague, elle a failli accoucher dans ma voiture!". Et l'Autre qui chouinasse en marmonnant que ça ne peut pas être une fausse alerte.
Au bout de quelques minutes, les emmerdes commencent. J'ai envie de vomir tellement on me secoue en tous sens. Elle se prend pour une girouette ou bien elle a perdu la tête. A quatre pattes, assise, par terre, sur le lit. Elle ne sait vraiment pas ce qu'elle veut, j'en ai le tournis. Et pas moyen de dormir, elle gigote à chaque minute en gémissant qu'elle a mal.
Finalement je comprends qu'elle va rester ici, la gentille dame toute douce n'arrête pas de dire un nombre qui n'est jamais le même, et ça a l'air d'être plutôt positif. 2, 3, 5 il est 23 heures, j'ai chaud. Ca tombe bien, Elle commence à retirer tous ses vêtements. Chic, je vais pouvoir siester, ce fauteuil m'a l'air pas mal confortable!
Mais....c'est quoi ce délire? Elle est complètement à poil et moi? Tu m'as oublié? Youhou, je suis là! Enlève moi au lieu d'enfiler cet espèce de drap bleu qui laisse voir la moitié de tes fesses à tout le monde! Non mais oh!
Peine perdue. Ces chouinasseries ont du la rendre sourde. Il en faudrait moins pour ça.
C'est le nombre 8 qui semble être le signal du départ. Je me retrouve installée sur un fauteuil qui roule, on arrive dans une salle toute froide avec une table bizarre au centre. On se croirait dans un laboratoire d'expériences. J'espère qu'il ne sont pas spécialisés dans les tests sur les chaussettes.
Et pendant ce temps-là, je peux vous dire qu'elle braille, la dinde. Elle pleure-crie des trucs du genre "j'ai maaaaaaaaal", "sors de ce corps bordel". Et elle qui commençait à devenir plutôt polie ces derniers mois ponctue chaque spasme de "putains" dont elle s'excuse aussitôt. C'est gai. Mais qu'est ce que je fous là, moi, putain? Pardon.
A partir de là tout s'enchaîne très vite, Elle crie tellement que la gentille dame fait tout pour la faire taire, je le vois bien. Elle perce une poche (je vois pas bien laquelle vu que Maman Elfe est quasiment à poil mais bon), elle s'active. Et l'Autre braille "j'ai mal, je suis fatiguée, sors de là"...rien de bien nouveau. Je me retrouve soudain dans les airs, je prends de la hauteur sur la situation. Je vois un truc noir qui tente de sortir d'un tunnel, là, en bas. C'est un peu étrange, ce truc, je ferme les yeux.
Elle râle, je crois comprendre qu'elle pousse (je ne sais pas trop quoi ou qui hein, je vous rappelle que j'ai les yeux fermés). Elle semble prise de panique aussi, lorsque la gentille dame demande d’appeler un médecin parce que le cœur du bébé baisse. Elle se met à râler de plus belle, je sens jusqu'au bout de ses orteils qu'elle est en train de fournir un effort immense.Tout à coup, elle braille, mais c'est différent. Elle crie "Ca y est, je l'ai sentie, la tête est sortie!" Suivi presque aussitôt de "Ca y est c'est fini!". Il est minuit 53, qu'elle dit la dame. Ca a l'air important.
J'ouvre timidement les yeux, mince alors! Y'a un bébé tout chevelu posé sur Maman Elfe qui a une tête de mort vivant échappé de sa tombe. Et pourtant elle se marre comme une baleine, va comprendre. Tout ne tourne pas très rond dans sa tête, je vous jure. Parce que, vous savez quoi? C'est à cet instant précis, tellement épuisée qu'elle peine à parler, que j'entends sa toute petite voix qui s'élève et qui dit "ben mince, j'ai accouché en chaussettes!"
Les femmes. Cette énigme.
Je vous vois sourire...mais ne riez pas, vous aimeriez peut être vous aussi avoir une paire de chaussettes noires dans votre vie!
Tout a commencé la 19 décembre. Il est environ 20h30, comme tous les soirs depuis deux semaines, je suis déposée sur une chaise de la cuisine "au cas où on devrait partir en pleine nuit". Parano, un peu, Maman Elfe?Stressée? Flippée?
Bref, je m'apprête donc à passer une nouvelle nuit dans la cuisine, entre les bâillements du chien et le plancher qui craque quand Elle se lève (4 fois, 5 fois) pour vider sa vessie.
Quand soudain, 22 heures sonnent et Elle débarque comme une dingue dans la cuisine en apostrophant sa mère d'un truc un peu décousu débité d'une traite qui ressemblait à "J'ai senti la tête descendre dans mon bassin-je perds du sang-j'ai mal-on s'en va". On m’attrape, on me tiraille, on me malmène et on m'enferme dans une paire de bottes à l'odeur douteuse (pardon de casser le mythe mais zut à la fin, l'elfe pue des pieds, il faut le dire!). Je sens soudain des vibrations intenses, on se croirait sur un circuit automobile, les instructions du copilote en moins, les pleurs et les "ne sors pas dans la voiture s'il te plaît" en plus. Elles sont dingues je crois.
Le trajet passe très vite, on arrive dans un endroit très silencieux et j'entends Maman Elfe dire à un homme "c'est le moment". Il lui répond de monter vite, qu'on verra le reste plus tard. En effet, elle monte vite la bougresse, elle a comme retrouvé sa jeunesse perdue ces dernières semaines durant lesquelles elle arrivait à peine à m'enfiler.
Là-haut, c'est confus, je ne comprends pas tout, mais très vite on me débarrasse de ces fichues bottes qui m'empêchent de voir. On m'installe sur un lit et la dame dit "on va quand même vérifier que c'est bien le moment avant de faire l'admission". Et Mamie Elfe qui se décompose, semblant dire "non mais c'est une blague, elle a failli accoucher dans ma voiture!". Et l'Autre qui chouinasse en marmonnant que ça ne peut pas être une fausse alerte.
Au bout de quelques minutes, les emmerdes commencent. J'ai envie de vomir tellement on me secoue en tous sens. Elle se prend pour une girouette ou bien elle a perdu la tête. A quatre pattes, assise, par terre, sur le lit. Elle ne sait vraiment pas ce qu'elle veut, j'en ai le tournis. Et pas moyen de dormir, elle gigote à chaque minute en gémissant qu'elle a mal.
Finalement je comprends qu'elle va rester ici, la gentille dame toute douce n'arrête pas de dire un nombre qui n'est jamais le même, et ça a l'air d'être plutôt positif. 2, 3, 5 il est 23 heures, j'ai chaud. Ca tombe bien, Elle commence à retirer tous ses vêtements. Chic, je vais pouvoir siester, ce fauteuil m'a l'air pas mal confortable!
Mais....c'est quoi ce délire? Elle est complètement à poil et moi? Tu m'as oublié? Youhou, je suis là! Enlève moi au lieu d'enfiler cet espèce de drap bleu qui laisse voir la moitié de tes fesses à tout le monde! Non mais oh!
Peine perdue. Ces chouinasseries ont du la rendre sourde. Il en faudrait moins pour ça.
C'est le nombre 8 qui semble être le signal du départ. Je me retrouve installée sur un fauteuil qui roule, on arrive dans une salle toute froide avec une table bizarre au centre. On se croirait dans un laboratoire d'expériences. J'espère qu'il ne sont pas spécialisés dans les tests sur les chaussettes.
Et pendant ce temps-là, je peux vous dire qu'elle braille, la dinde. Elle pleure-crie des trucs du genre "j'ai maaaaaaaaal", "sors de ce corps bordel". Et elle qui commençait à devenir plutôt polie ces derniers mois ponctue chaque spasme de "putains" dont elle s'excuse aussitôt. C'est gai. Mais qu'est ce que je fous là, moi, putain? Pardon.
A partir de là tout s'enchaîne très vite, Elle crie tellement que la gentille dame fait tout pour la faire taire, je le vois bien. Elle perce une poche (je vois pas bien laquelle vu que Maman Elfe est quasiment à poil mais bon), elle s'active. Et l'Autre braille "j'ai mal, je suis fatiguée, sors de là"...rien de bien nouveau. Je me retrouve soudain dans les airs, je prends de la hauteur sur la situation. Je vois un truc noir qui tente de sortir d'un tunnel, là, en bas. C'est un peu étrange, ce truc, je ferme les yeux.
Elle râle, je crois comprendre qu'elle pousse (je ne sais pas trop quoi ou qui hein, je vous rappelle que j'ai les yeux fermés). Elle semble prise de panique aussi, lorsque la gentille dame demande d’appeler un médecin parce que le cœur du bébé baisse. Elle se met à râler de plus belle, je sens jusqu'au bout de ses orteils qu'elle est en train de fournir un effort immense.Tout à coup, elle braille, mais c'est différent. Elle crie "Ca y est, je l'ai sentie, la tête est sortie!" Suivi presque aussitôt de "Ca y est c'est fini!". Il est minuit 53, qu'elle dit la dame. Ca a l'air important.
J'ouvre timidement les yeux, mince alors! Y'a un bébé tout chevelu posé sur Maman Elfe qui a une tête de mort vivant échappé de sa tombe. Et pourtant elle se marre comme une baleine, va comprendre. Tout ne tourne pas très rond dans sa tête, je vous jure. Parce que, vous savez quoi? C'est à cet instant précis, tellement épuisée qu'elle peine à parler, que j'entends sa toute petite voix qui s'élève et qui dit "ben mince, j'ai accouché en chaussettes!"
Les femmes. Cette énigme.
jeudi 26 décembre 2013
6 jours
Il y a une semaine, j'étais couchée dans ce grand lit tout contre Petite Elfe et je désespérais que les contractions qui m'avaient tenue toute la journée durant se soient stoppées. Je commençais à appréhender le déclenchement prévu pour le lendemain soir.
Il y a une semaine, je ne savais pas encore que dans moins d'une demie-heure je sentirais littéralement la tête de ma fille descendre entre les os de mon bassin tandis qu'une énorme contraction me scierait en deux et marquerait le début d'une travail intense et éprouvant. Je ne savais pas que 3 heures 30 plus tard je tiendrais contre mon sein cette deuxième petite fille qui m'a choisie pour mère.
Il y a une semaine j'ignorais encore à quel point cette fois-ci ce serait difficile de donner la vie. A quel point l'état qui me caractérisait était beaucoup plus proche de l'épuisement que de la fatigue. A quel point pendant 3 longues heures j'allais pleurer, me plier en deux et supplier ce petit être en moi de vouloir sortir. A quel point j'allais avoir l'impression de mourir à moi-même en lui donnant la vie.
Il y a une semaine, je ne savais pas encore que j'allais rencontrer des personnes extraordinaires, à l'écoute. Une sage-femme juste merveilleusement humaine, qui ne jugerait aucun de mes choix, qui me laisserait prendre toutes les positions les plus incongrues pour me soulager sans jamais remettre en question mon choix d'accoucher sans anesthésie. Une sage-femme qui serait là pour moi entièrement, trois heures durant. Qui me masserait le dos pendant les contractions difficiles, qui m'encouragerait, qui serait juste parfaite pour moi.
Il y a une semaine je ne savais pas encore que quelques heures plus tard ma mère tiendrait ma main et serait submergée par l'émotion quand ma fille ouvrirait ses yeux sur le monde pour la première fois.
Il y aune semaine, je ne savais pas que quand on prononcerait son prénom, ce petit être de quelques secondes ouvrirait grand ses yeux en nous fixant comme pour dire "oui, c'est moi, je suis (enfin) là"
Il y a une semaine j'ignorais si je serai capable de donner tout l'amour du monde à cette enfant, je ne savais pas comment la suite allait se passer.
Il y a une semaine je m'apprêtais à quitter Petite Elfe pour quelques jours, le cœur en miettes de ne pas l'avoir auprès de moi.
Il y a une semaine, je me demandais si je me souviendrais. Si je saurais gérer les longues nuits sans sommeil. Je me demandais si je serais cette mère qui saurait calmer ses pleurs et apaiser ses peurs. Je me demandais si j'étais digne d'être sa maman.
Je suis loin de savoir où nous mènera le futur. Si les colères de Petite Elfe se calmeront vite. Si elle cessera d'étouffer de la présence de sa sœur rapidement. Je ne sais pas quand Petite Plume dormira ailleurs que dans nos bras. Je ne sais pas combien de temps on devra lui donner notre petit doigt à sucer quand elle n'arrive pas à trouver le sommeil. Je ne sais pas si elle continuera à s'endormir lorsque je mets Tryo en fond sonore.
Je sais bien peu de choses, au fond. Mais j'ai trouvé un équilibre, précaire, sur le fil. Je me sens bien malgré la fatigue, malgré les doutes, malgré les peurs. Malgré mon envie de vouloir faire plus sans pouvoir. Malgré mon envie d'accélérer le temps, trop impatiente que je suis.
Je sais bien que j'étais faite pour être leur mère. Je sais que je suis fière de mes deux demoiselles, ma blonde et ma brune.
Bienvenue au monde, ma Petite Plume....
Il y a une semaine, je ne savais pas encore que dans moins d'une demie-heure je sentirais littéralement la tête de ma fille descendre entre les os de mon bassin tandis qu'une énorme contraction me scierait en deux et marquerait le début d'une travail intense et éprouvant. Je ne savais pas que 3 heures 30 plus tard je tiendrais contre mon sein cette deuxième petite fille qui m'a choisie pour mère.
Il y a une semaine j'ignorais encore à quel point cette fois-ci ce serait difficile de donner la vie. A quel point l'état qui me caractérisait était beaucoup plus proche de l'épuisement que de la fatigue. A quel point pendant 3 longues heures j'allais pleurer, me plier en deux et supplier ce petit être en moi de vouloir sortir. A quel point j'allais avoir l'impression de mourir à moi-même en lui donnant la vie.
Il y a une semaine, je ne savais pas encore que j'allais rencontrer des personnes extraordinaires, à l'écoute. Une sage-femme juste merveilleusement humaine, qui ne jugerait aucun de mes choix, qui me laisserait prendre toutes les positions les plus incongrues pour me soulager sans jamais remettre en question mon choix d'accoucher sans anesthésie. Une sage-femme qui serait là pour moi entièrement, trois heures durant. Qui me masserait le dos pendant les contractions difficiles, qui m'encouragerait, qui serait juste parfaite pour moi.
Il y a une semaine je ne savais pas encore que quelques heures plus tard ma mère tiendrait ma main et serait submergée par l'émotion quand ma fille ouvrirait ses yeux sur le monde pour la première fois.
Il y aune semaine, je ne savais pas que quand on prononcerait son prénom, ce petit être de quelques secondes ouvrirait grand ses yeux en nous fixant comme pour dire "oui, c'est moi, je suis (enfin) là"
Il y a une semaine j'ignorais si je serai capable de donner tout l'amour du monde à cette enfant, je ne savais pas comment la suite allait se passer.
Il y a une semaine je m'apprêtais à quitter Petite Elfe pour quelques jours, le cœur en miettes de ne pas l'avoir auprès de moi.
Il y a une semaine, je me demandais si je me souviendrais. Si je saurais gérer les longues nuits sans sommeil. Je me demandais si je serais cette mère qui saurait calmer ses pleurs et apaiser ses peurs. Je me demandais si j'étais digne d'être sa maman.
Je suis loin de savoir où nous mènera le futur. Si les colères de Petite Elfe se calmeront vite. Si elle cessera d'étouffer de la présence de sa sœur rapidement. Je ne sais pas quand Petite Plume dormira ailleurs que dans nos bras. Je ne sais pas combien de temps on devra lui donner notre petit doigt à sucer quand elle n'arrive pas à trouver le sommeil. Je ne sais pas si elle continuera à s'endormir lorsque je mets Tryo en fond sonore.
Je sais bien peu de choses, au fond. Mais j'ai trouvé un équilibre, précaire, sur le fil. Je me sens bien malgré la fatigue, malgré les doutes, malgré les peurs. Malgré mon envie de vouloir faire plus sans pouvoir. Malgré mon envie d'accélérer le temps, trop impatiente que je suis.
Je sais bien que j'étais faite pour être leur mère. Je sais que je suis fière de mes deux demoiselles, ma blonde et ma brune.
Bienvenue au monde, ma Petite Plume....
dimanche 1 décembre 2013
Petit Papa Noël...
Je sais bien que tu as sans doute beaucoup de travail en ce moment, mais je me permets de t'écrire ce petit mot pour voir si tu peux faire quelque chose pour moi.
D'abord je tiens à t'assurer de ma sincère croyance en toi (à l'heure où tout le monde se demande si oui ou non leurs enfants doivent croire en toi, moi je peux t'assurer que j'y crois dur comme fer. Parce que j'ai désespérément besoin de rêver encore, prolonger les délicieuses croyances de mon enfance et chercher encore la magie de ces Noël les yeux pétillants).
Petit Papa Noël, je voudrais tellement continuer à rêver, je voudrais être heureuse. Je voudrais voir des étoiles s'allumer chaque matin au réveil dans les yeux de mes enfants pour n'en être que plus brillantes le jour suivant.
Je voudrais des instants fugaces de bonheur par milliers, des sourires qui fleurissent sur nos lèvres. Je voudrais qu'on chante ensemble fort et faux, qu'on pleure de joie. Je voudrais des surprises, par milliers. Des matins câlins, des couchers de soleil les mains entrelacées aux leurs.
Je voudrais des dizaines de Noëls heureux qui sentent le chocolat et les agrumes. Des soirées blotties sous la couette à regarder ensemble un dessin animé puis s'en aller rêver aux cadeaux qu'on trouvera le lendemain sous le sapin déposés par tes soins.
Je voudrais de l'amour qui brille plus fort que toutes les guirlandes de notre sapin.
Je voudrais qu'on soit heureuses, si tu savais...pour cette vie-là et toutes celles qui viendront après. Je voudrais être cette maman à laquelle plus tard on repense avec tendresse. Je voudrais que mes enfants gardent toujours dans leur cœur l'image d'une maman qui sourit et qui donne toujours ce qu'elle peut, et plus encore ce qu'elle n'a pas.
Je voudrais sourire à travers les larmes, je voudrais que ça pèse moins lourd sur mes épaules. Relever la tête, remettre du rose sur mes joues et oublier que l'année qui vient de passer ne sera pas une année heureuse.
Petit Papa Noël, je voudrais être égoïste et que tu ne m'oublies pas...
D'abord je tiens à t'assurer de ma sincère croyance en toi (à l'heure où tout le monde se demande si oui ou non leurs enfants doivent croire en toi, moi je peux t'assurer que j'y crois dur comme fer. Parce que j'ai désespérément besoin de rêver encore, prolonger les délicieuses croyances de mon enfance et chercher encore la magie de ces Noël les yeux pétillants).
Petit Papa Noël, je voudrais tellement continuer à rêver, je voudrais être heureuse. Je voudrais voir des étoiles s'allumer chaque matin au réveil dans les yeux de mes enfants pour n'en être que plus brillantes le jour suivant.
Je voudrais des instants fugaces de bonheur par milliers, des sourires qui fleurissent sur nos lèvres. Je voudrais qu'on chante ensemble fort et faux, qu'on pleure de joie. Je voudrais des surprises, par milliers. Des matins câlins, des couchers de soleil les mains entrelacées aux leurs.
Je voudrais des dizaines de Noëls heureux qui sentent le chocolat et les agrumes. Des soirées blotties sous la couette à regarder ensemble un dessin animé puis s'en aller rêver aux cadeaux qu'on trouvera le lendemain sous le sapin déposés par tes soins.
Je voudrais de l'amour qui brille plus fort que toutes les guirlandes de notre sapin.
Je voudrais qu'on soit heureuses, si tu savais...pour cette vie-là et toutes celles qui viendront après. Je voudrais être cette maman à laquelle plus tard on repense avec tendresse. Je voudrais que mes enfants gardent toujours dans leur cœur l'image d'une maman qui sourit et qui donne toujours ce qu'elle peut, et plus encore ce qu'elle n'a pas.
Je voudrais sourire à travers les larmes, je voudrais que ça pèse moins lourd sur mes épaules. Relever la tête, remettre du rose sur mes joues et oublier que l'année qui vient de passer ne sera pas une année heureuse.
Petit Papa Noël, je voudrais être égoïste et que tu ne m'oublies pas...
mardi 15 octobre 2013
Attendre
Il y a toutes sortes de grossesses. Les grossesses désirées, les espérées, les surprises, les redoutées, les rejetées...
Pour Petite Elfe, je désirais ardemment être enceinte. Je venais de me marier, je savais que je voulais être mère, c'était un peu dans l'ordre des choses, en quelque sorte. Tout est arrivé très vite, après un premier "échec" ma princesse a pris ses quartiers en moi et c'était parti.
J'avais tant imaginé comment ça serait, de porter la vie... Je me sentirais épanouie, nous construirions avec son père une bulle de bonheur qui n'appartiendrait qu'à nous, je pouvais presque sentir ses mains dessiner sur mon ventre les lignes de notre futur. Ma grossesse, ça ne pouvait être que le bonheur, j'en avais décidé ainsi.
Seulement...seulement tout ne s'est pas passé exactement comme prévu. C'est comme si une chose de plus c'était cassée entre nous. Son père attendait l'arrivée de Petite Elfe sans en parler beaucoup, sans me toucher, sans tout ce dont j'avais rêvé. Il était heureux, ça ne faisait aucun doute. Heureux mais distant. Certains jours je voyais bien que le monde continuait de tourner autour de moi exactement comme si mon ventre rond était désespérément vide. Et ça faisait si mal...J'avais presque honte de parler à ce bébé, je ne savais plus trop ce que je devais faire ou dire. Ne savais plus si je devais lui parler puisque son père lui, ne parlait jamais.
J'ai porté mon enfant pendant neuf mois d'incertitude. Neuf mois de vomissements. Neuf mois qui peu à peu de difficiles devenaient terribles à porter.
Au temps pour ma grossesse-bonheur. Ce serait pas pour cette fois. Et plus jamais avec le père de Petite Elfe, à cet instant je crois que je le savais déjà.
Petite Elfe est entrée dans ma vie comme le soleil perce les nuages. J'ai eu tout le loisir de lui dire combien je l'aime, combien je l'ai toujours aimée et désirée même si durant ces quelques mois in utero je n'ai pas su lui dire. Je me suis sentie mère à l'instant où elle a ouvert les yeux sur le monde et je me suis dit que j'étais en train de vivre la plus belle des aventures.
Et je me suis promis que la prochaine fois, le prochain enfant que je porterais, la prochaine grossesse ce serait la bonne. La belle.
Parfois c'est difficile de tenir ses promesses. Trop difficile.
Et puis...je le disais...il y a des grossesses surprise. Celles que l'on a pas planifiées, que l'on n'attend pas, pour lesquelles on n'est pas toujours prêts. Ce sont pour certains des grossesses injustes, je pense à mes amies, à toutes les mamans qui tellement essaient et n'y arrivent pas.
Ma seconde grossesse a été une surprise. Je ne sais toujours pas aujourd'hui comment elle a pu arriver (enfin, si je connais un petit peu les grandes lignes, quand même...).
Sur le coup j'ai pleuré de joie, envahie d'un amour immense pour ces petites cellules en train de se diviser au creux de mon ventre. J'étais folle de bonheur que cet enfant que je portais soit non pas cette fois le fruit de l'évolution de ma vie mais bien la concrétisation d'un amour gigantesque, même si on n'en avait pas décidé ainsi.
Bien sûr que j'ai eu des doutes. Un amour si jeune, une situation si compliquée. Mais je savais au fond de moi que si le jardinier de cette graine ne me le demandait pas expressément, je ne serais pas capable de faire mourir la fleur. Je suis une mère, je n'envisageais pas ça, pas dans ce contexte-là.
Je n'ai pas su tenir ma promesse envers moi. Ça me rend triste, parce que je me dis parfois que c'est si difficile de tenir les promesses faites aux autres lorsqu'on est pas capable de tenir celles qui nous importent, à nous.
Peut être bien que c'est moi, au fond, le problème. Que j'ai en moi une espèce d'incompétence au bonheur à deux. Peut être bien que j'ai tout gâché. Ou que ces fichues hormones ont achevé de saper les quelques forces qui me restaient pour porter à bout de bras cette nouvelle vie de famille.
Aujourd'hui j'ai appris que je portais à nouveau une petite fille en moi. Princesse minuscule à qui je ne sais même pas quel prénom je vais donner. Demoiselle en devenir dont je ne sais même pas quel sera le futur.
Aujourd'hui je suis incapable de me projeter dans une vie à quatre. C'est comme si il y avait entre aujourd'hui et demain une barrière si haute qu'elle en était infranchissable. Comme si le brouillard était si dense que j'allais me perdre en lui pour toujours.
Alors tout doucement je vais fermer les yeux. Fermer pour espérer que les choses vont évoluer. Qu'une fois de plus cette naissance me révèlera un peu plus, un peu mieux à mon état de mère et que je pourrai bercer contre mon sein cette petite fille en lui murmurant tout l'amour que j'ai pour elle. Tout le monde auquel j'ai envie de l'ouvrir. Toute la beauté du futur qui l'attend.
Fermer les yeux et attendre que doucement, le soleil perce les nuages...
Pour Petite Elfe, je désirais ardemment être enceinte. Je venais de me marier, je savais que je voulais être mère, c'était un peu dans l'ordre des choses, en quelque sorte. Tout est arrivé très vite, après un premier "échec" ma princesse a pris ses quartiers en moi et c'était parti.
J'avais tant imaginé comment ça serait, de porter la vie... Je me sentirais épanouie, nous construirions avec son père une bulle de bonheur qui n'appartiendrait qu'à nous, je pouvais presque sentir ses mains dessiner sur mon ventre les lignes de notre futur. Ma grossesse, ça ne pouvait être que le bonheur, j'en avais décidé ainsi.
Seulement...seulement tout ne s'est pas passé exactement comme prévu. C'est comme si une chose de plus c'était cassée entre nous. Son père attendait l'arrivée de Petite Elfe sans en parler beaucoup, sans me toucher, sans tout ce dont j'avais rêvé. Il était heureux, ça ne faisait aucun doute. Heureux mais distant. Certains jours je voyais bien que le monde continuait de tourner autour de moi exactement comme si mon ventre rond était désespérément vide. Et ça faisait si mal...J'avais presque honte de parler à ce bébé, je ne savais plus trop ce que je devais faire ou dire. Ne savais plus si je devais lui parler puisque son père lui, ne parlait jamais.
J'ai porté mon enfant pendant neuf mois d'incertitude. Neuf mois de vomissements. Neuf mois qui peu à peu de difficiles devenaient terribles à porter.
Au temps pour ma grossesse-bonheur. Ce serait pas pour cette fois. Et plus jamais avec le père de Petite Elfe, à cet instant je crois que je le savais déjà.
Petite Elfe est entrée dans ma vie comme le soleil perce les nuages. J'ai eu tout le loisir de lui dire combien je l'aime, combien je l'ai toujours aimée et désirée même si durant ces quelques mois in utero je n'ai pas su lui dire. Je me suis sentie mère à l'instant où elle a ouvert les yeux sur le monde et je me suis dit que j'étais en train de vivre la plus belle des aventures.
Et je me suis promis que la prochaine fois, le prochain enfant que je porterais, la prochaine grossesse ce serait la bonne. La belle.
Parfois c'est difficile de tenir ses promesses. Trop difficile.
Et puis...je le disais...il y a des grossesses surprise. Celles que l'on a pas planifiées, que l'on n'attend pas, pour lesquelles on n'est pas toujours prêts. Ce sont pour certains des grossesses injustes, je pense à mes amies, à toutes les mamans qui tellement essaient et n'y arrivent pas.
Ma seconde grossesse a été une surprise. Je ne sais toujours pas aujourd'hui comment elle a pu arriver (enfin, si je connais un petit peu les grandes lignes, quand même...).
Sur le coup j'ai pleuré de joie, envahie d'un amour immense pour ces petites cellules en train de se diviser au creux de mon ventre. J'étais folle de bonheur que cet enfant que je portais soit non pas cette fois le fruit de l'évolution de ma vie mais bien la concrétisation d'un amour gigantesque, même si on n'en avait pas décidé ainsi.
Bien sûr que j'ai eu des doutes. Un amour si jeune, une situation si compliquée. Mais je savais au fond de moi que si le jardinier de cette graine ne me le demandait pas expressément, je ne serais pas capable de faire mourir la fleur. Je suis une mère, je n'envisageais pas ça, pas dans ce contexte-là.
Je n'ai pas su tenir ma promesse envers moi. Ça me rend triste, parce que je me dis parfois que c'est si difficile de tenir les promesses faites aux autres lorsqu'on est pas capable de tenir celles qui nous importent, à nous.
Peut être bien que c'est moi, au fond, le problème. Que j'ai en moi une espèce d'incompétence au bonheur à deux. Peut être bien que j'ai tout gâché. Ou que ces fichues hormones ont achevé de saper les quelques forces qui me restaient pour porter à bout de bras cette nouvelle vie de famille.
Aujourd'hui j'ai appris que je portais à nouveau une petite fille en moi. Princesse minuscule à qui je ne sais même pas quel prénom je vais donner. Demoiselle en devenir dont je ne sais même pas quel sera le futur.
Aujourd'hui je suis incapable de me projeter dans une vie à quatre. C'est comme si il y avait entre aujourd'hui et demain une barrière si haute qu'elle en était infranchissable. Comme si le brouillard était si dense que j'allais me perdre en lui pour toujours.
Alors tout doucement je vais fermer les yeux. Fermer pour espérer que les choses vont évoluer. Qu'une fois de plus cette naissance me révèlera un peu plus, un peu mieux à mon état de mère et que je pourrai bercer contre mon sein cette petite fille en lui murmurant tout l'amour que j'ai pour elle. Tout le monde auquel j'ai envie de l'ouvrir. Toute la beauté du futur qui l'attend.
Fermer les yeux et attendre que doucement, le soleil perce les nuages...
lundi 7 octobre 2013
J'voudrais lui apprendre...
Je fais partie des premiers enfants de notre génération dans la famille, du coup j'ai tout le loisir d'observer autour de moi quelques jeunes gens qui font leur entrée dans la vie...ou qui s'y apprêtent. La fin du lycée, la fac, la fin des études...
Et j'avoue que je reste baba de ce que j'entends. "Je veux pas travailler, j'ai bien le temps", "je peux pas travailler, j'ai mes études", "je suis fatigué(e)", "j'ai besoin de vacances"... et mieux encore quand papa et maman plussoient "mais oui mais tu comprends, il(elle) a ses études à gérer", "il(elle) a besoin de ses vacances pour se reposer". Bien, bien.
Je suis fière de l'éducation que j'ai reçue de mes parents. Des valeurs qu'ils m'ont inculquée.
J'ai commencé à travailler lorsque j'avais 17 ans. Dès lors le nom de "vacances scolaires" a perdu tout son sens pour plusieurs années. De CLSH en CLSH, de salaires de misère en horaires improbables. J'ai travaillé dans plusieurs structures, sans une semaine de répit.
Je me souviens combien j'étais fière de toucher chaque petit salaire qui me permettait de mettre un peu d'argent de côté, puis plus tard de payer au maximum mes courses, mon loyer. J'avais voulu mon autonomie et j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour l'acquérir et puis m'en montrer digne.
Aujourd'hui, j'écoute autour de moi, je regarde mon enfant grandir et j'voudrais lui apprendre à quel point il est important d'acquérir son autonomie. J'voudrais qu'elle comprenne la valeur des choses. Que chaque centime qu'elle dépense soit bien réfléchi et dépensé avec la fierté de l'avoir gagné.
Je ne voudrais surtout pas qu'elle puisse croire que "prendre un appart" payé par papa et maman, qu'y ramener la nourriture préparée par maman chaque dimanche soir en rentrant du week end à la maison, que ramener son linge chaque vendredi soir en attendant dimanche qu'il soit à nouveau propre et repassé ça soit ça, être autonome.
Je ne voudrais surtout pas qu'elle me sorte la fatigue chronique à toutes les sauces. Moins on en fait, plus on est crevés hein. Oui, je suis instit, je suis "souvent" en vacances, et mes vacances je suis plutôt fière des les avoir méritées. D'avoir conjugué pendant 6 ans mes études à de petits boulots pour finir par arriver là où je suis aujourd'hui.
J'voudrais juste, au final, que ma fille exerce le métier qu'elle aura choisi, qui la fera vibrer, dans lequel elle s'épanouira. Même si pour ça elle doit passer par une période un peu moins rose, une transition de l'enfant à l'adulte. Apprendre à être responsable et à connaître la valeur des choses avant de se lancer dans sa vie. J'voudrais qu'elle se donne les moyens de vivre ce qui la rendra heureuse.
J'voudrais qu'elle soir l'actrice de sa vie, pas une figurante dépendante du bon vouloir du réalisateur.
J'voudrais lui apprendre...et j'espère bien y arriver.
Et j'avoue que je reste baba de ce que j'entends. "Je veux pas travailler, j'ai bien le temps", "je peux pas travailler, j'ai mes études", "je suis fatigué(e)", "j'ai besoin de vacances"... et mieux encore quand papa et maman plussoient "mais oui mais tu comprends, il(elle) a ses études à gérer", "il(elle) a besoin de ses vacances pour se reposer". Bien, bien.
Je suis fière de l'éducation que j'ai reçue de mes parents. Des valeurs qu'ils m'ont inculquée.
J'ai commencé à travailler lorsque j'avais 17 ans. Dès lors le nom de "vacances scolaires" a perdu tout son sens pour plusieurs années. De CLSH en CLSH, de salaires de misère en horaires improbables. J'ai travaillé dans plusieurs structures, sans une semaine de répit.
Je me souviens combien j'étais fière de toucher chaque petit salaire qui me permettait de mettre un peu d'argent de côté, puis plus tard de payer au maximum mes courses, mon loyer. J'avais voulu mon autonomie et j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour l'acquérir et puis m'en montrer digne.
Aujourd'hui, j'écoute autour de moi, je regarde mon enfant grandir et j'voudrais lui apprendre à quel point il est important d'acquérir son autonomie. J'voudrais qu'elle comprenne la valeur des choses. Que chaque centime qu'elle dépense soit bien réfléchi et dépensé avec la fierté de l'avoir gagné.
Je ne voudrais surtout pas qu'elle puisse croire que "prendre un appart" payé par papa et maman, qu'y ramener la nourriture préparée par maman chaque dimanche soir en rentrant du week end à la maison, que ramener son linge chaque vendredi soir en attendant dimanche qu'il soit à nouveau propre et repassé ça soit ça, être autonome.
Je ne voudrais surtout pas qu'elle me sorte la fatigue chronique à toutes les sauces. Moins on en fait, plus on est crevés hein. Oui, je suis instit, je suis "souvent" en vacances, et mes vacances je suis plutôt fière des les avoir méritées. D'avoir conjugué pendant 6 ans mes études à de petits boulots pour finir par arriver là où je suis aujourd'hui.
J'voudrais juste, au final, que ma fille exerce le métier qu'elle aura choisi, qui la fera vibrer, dans lequel elle s'épanouira. Même si pour ça elle doit passer par une période un peu moins rose, une transition de l'enfant à l'adulte. Apprendre à être responsable et à connaître la valeur des choses avant de se lancer dans sa vie. J'voudrais qu'elle se donne les moyens de vivre ce qui la rendra heureuse.
J'voudrais qu'elle soir l'actrice de sa vie, pas une figurante dépendante du bon vouloir du réalisateur.
J'voudrais lui apprendre...et j'espère bien y arriver.
jeudi 19 septembre 2013
Des comptines pour enfants...
Petite Elfe adore la musique, pour tout vous dire il ne passe pas une journée sans que moults CD ne passent et repassent en boucle.
Le souci étant que j'ai assez "peu" de CD pour ma fille, j'entends donc souvent, très, trop souvent les mêmes ritournelles.
Et fatalement... à un moment, je me suis mise à bien écouter les paroles. C'est là que j'ai commencé à m'interroger... Mais QUI, qui a inventé ces chansons improbables? Et du coup, qu'est ce que ça ancre chez nos enfants? Qu'en retiennent-ils?
Petit florilège ce matin... Pioché dans notre livre CD "les plus belles comptines italiennes", de chez Didier Jeunesse dans la collection "Les petits cousins". Je précise que j'aime beaucoup cette collection qui mélange comptines/chansons étrangères et françaises. Je trouve ça bien d'écouter différentes sonorités, d'autres langues, etc... c'est vraiment une superbe collection qui comprend des volumes en italien, allemand, anglais notamment.
Bref, le bât ne blesse pas au niveau de la collection ou de l'éditeur MAIS au niveau des chansons. Allez, c'est parti!
(Pardonnez-moi, j'aurais vraiment adoré vous les chanter, mais on me glisse dans l'oreillette que le temps est déjà assez pourri comme ça...)
"Picnicdouille"
Picnicdouille c'est toi l'andouille!
Je ne me marierai pas avec une andouille comme toi!
==> Bien, bien, bien. Ca c'est cool, ça pose les choses. J'imagine l'enfant à qui on aurait dit une fois "t'es une andouille". Le pauvre, il ne pourra jamais se marier. Youpee.
"Polichinelle"
Polichinelle monte à l'échelle
Un peu plus haut se casse le dos
Un peu plus bas se casse le bras
Encore plus haut casse un barreau
Et pour sa peine il recevra trois coups de bâton
Un voici un, en voici deux, en voici trois!
Alors là j'adore! Le pauvre polichinelle, il s'est déjà cassé le dos et le bras, il continue à monter, sûrement au prix d'un effort surhumain, le barreau se casse et il se fait frapper. Wahou! Mon éducation non violente se sent un poil heurtée ici...
"Allons voir si la galette est cuite"
Allons voir si la galette est cuite
Elle s'ra cuite demain
Tirez les boudins!
Ici, j'en appelle à vous. Parce que cette comptine me laisse perplexe. J'ai beau chercher encore, encore et encore, je ne VOIS PAS ce que les boudins viennent faire ici. Nan, désolée.
Ce sera tout pour aujourd'hui, il me reste d'autres livres-CD, j'en ai pas encore fini avec vous!
A bientôt pour de nouvelles aventures! Et n'hésitez pas à venir raconter vos propres questionnements...
Le souci étant que j'ai assez "peu" de CD pour ma fille, j'entends donc souvent, très, trop souvent les mêmes ritournelles.
Et fatalement... à un moment, je me suis mise à bien écouter les paroles. C'est là que j'ai commencé à m'interroger... Mais QUI, qui a inventé ces chansons improbables? Et du coup, qu'est ce que ça ancre chez nos enfants? Qu'en retiennent-ils?
Petit florilège ce matin... Pioché dans notre livre CD "les plus belles comptines italiennes", de chez Didier Jeunesse dans la collection "Les petits cousins". Je précise que j'aime beaucoup cette collection qui mélange comptines/chansons étrangères et françaises. Je trouve ça bien d'écouter différentes sonorités, d'autres langues, etc... c'est vraiment une superbe collection qui comprend des volumes en italien, allemand, anglais notamment.
Bref, le bât ne blesse pas au niveau de la collection ou de l'éditeur MAIS au niveau des chansons. Allez, c'est parti!
(Pardonnez-moi, j'aurais vraiment adoré vous les chanter, mais on me glisse dans l'oreillette que le temps est déjà assez pourri comme ça...)
"Picnicdouille"
Picnicdouille c'est toi l'andouille!
Je ne me marierai pas avec une andouille comme toi!
==> Bien, bien, bien. Ca c'est cool, ça pose les choses. J'imagine l'enfant à qui on aurait dit une fois "t'es une andouille". Le pauvre, il ne pourra jamais se marier. Youpee.
"Polichinelle"
Polichinelle monte à l'échelle
Un peu plus haut se casse le dos
Un peu plus bas se casse le bras
Encore plus haut casse un barreau
Et pour sa peine il recevra trois coups de bâton
Un voici un, en voici deux, en voici trois!
Alors là j'adore! Le pauvre polichinelle, il s'est déjà cassé le dos et le bras, il continue à monter, sûrement au prix d'un effort surhumain, le barreau se casse et il se fait frapper. Wahou! Mon éducation non violente se sent un poil heurtée ici...
"Allons voir si la galette est cuite"
Allons voir si la galette est cuite
Elle s'ra cuite demain
Tirez les boudins!
Ici, j'en appelle à vous. Parce que cette comptine me laisse perplexe. J'ai beau chercher encore, encore et encore, je ne VOIS PAS ce que les boudins viennent faire ici. Nan, désolée.
Ce sera tout pour aujourd'hui, il me reste d'autres livres-CD, j'en ai pas encore fini avec vous!
A bientôt pour de nouvelles aventures! Et n'hésitez pas à venir raconter vos propres questionnements...
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