mardi 21 juillet 2015

Belle route...

Plus de deux semaines que les vacances ont débuté, que je voulais écrire ce billet sur le dernier jour. J'avais même pris des photos, consciencieusement stockées dans mon ordinateur. Le dernier jour...

Hier, c'était ton dernier jour à toi. Et comme quand chaque année scolaire meurt et que je ne sais pas trop quels sentiments adopter me voilà perdue.
Je suis perdue dans mes souvenirs, dans les odeurs de ta cuisine et la chaleur de tes bras. Perdue entre la joie que tu sois enfin libérée de cette prison qui fut la tienne ces deux dernières années et puis la tristesse d'avoir cette fois-ci à tout jamais perdu ton sourire.
Je suis comme perdue entre le besoin d'écrire un texte et l'envie de fuir quelques heures nourrir un ruisseau de mon chagrin.

J'aurais tellement voulu être capable d'accompagner tes derniers jours, je détestais tellement venir te voir et ne pas te reconnaître, tu sais. Je me tenais là, à te dire que je t'aimais en cherchant désespérément sur ton visage les réminiscences de cette femme qui m'avait si longtemps tenue contre son sein quand mes pleurs chaque nuit emplissaient sa maison.

Je ferme les yeux très fort et puis j'essaie, promis...mais je n'arrive pas à me souvenir de cette histoire de renard que tu m'as raconté des années durant et à laquelle tu ne devais rien modifier sous peine que je te le fasse remarquer.
Je n'ai pas sorti de la bibliothèque ce livre affreux de Madame Pepperpot que tu ne pouvais plus voir en peinture de me l'avoir trop lu. J'ai trop peur de ne pas arriver à retenir mes larmes. Je le lirai à mes filles. Plus tard. Quand ce sera devenu comme manger un bonbon et faire durer le plaisir. Mais pas maintenant.

Je suis perdue entre l'envie d'écrire, la multitude des souvenirs qui m'arrivent et la futilité de ceux-ci. Notre histoire n'a rien d'exceptionnel et elle est exceptionnelle.

Je crois que finalement, je vais juste te dire que tu m'as vraiment faite grandir - et filé quelques caries aussi, avec ces kilos de bonbons que tu m'as donné- même si des fois le fossé de nos générations était presque trop important pour être franchi. Je voulais aussi te dire que je t'aime, infiniment, toi qui m'a élevé comme une maman durant tout ce temps où la mienne, ta fille, était trop malade pour le faire.

Je veux te dire mamie que les anges t'attendent. Que là-haut, dans les étoiles, il y a une jolie place pour toi. Tu pourras observer les constellations de plus près et puis tu leur cuisineras du pâté aux patates, je suis sûre que même les anges mangent, sinon ça s'appellerait pas le paradis.

Belle route, ma petite mamie, belle route... Je t'aime


3 commentaires:

  1. Sincere condoléances a toi je comprends tellement ce que tu vis je viens de perdre la mienne y a 2 semaines c est dur mais si soulagent de ne plus les voir souffrir elles continuent de prendre soin de nous mais de la haut

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  2. tout ce que tu lui as dit, et que tu lui diras encore elle l'entend. La mort n'est pas une séparation puisque nous sommes tous liés, dans le passé le présent et l'avenir. Elle a simplement quitté ce monde d'illusion qu'est le notre, là où elle est elle est bien et je prierais pour elle pendant les 49 jours du bardo. Le temps n'existe pas, la mort non plus.

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Et toi, tu en dis quoi?