lundi 16 janvier 2012

Métier rêvé : maîtresse

Il y a quelques temps, j’ai été gentiment invitée à venir m’installer au coin du feu pour parler de mon métier. Et franchement, j’adore piailler comme une pie papoter donc j’ai dit oui. 

Cette histoire commence il y a … euh… longtemps. Vous vous souvenez de votre première rentrée au collège ? Celle où pour la première fois ces curieux de profs vous demandent de rédiger votre mini-biographie, histoire de savoir si vous appartenez à l’élite de la nation (père et mère profs, par exemple) ou bien si vous serez le petit pénible près de la fenêtre qui regardera la neige tomber de novembre à mars. Non, pardon je digresse là…ne vous méprenez pas, je les aime bien les profs. Enfin, je les admire. Pour deux raisons : ils réussissent à gagner bien plus de pognon que moi en bossant moins d’heures et en n’enseignant qu’UNE matière (les filous !) et en plus, ils supportent à longueur de temps des gamins dont les hormones entrent en ébullition dès 0°C, en pleine période ingrate adolescente. Franchement, ils sont admirables.

Donc moi, j’avais 12 ans quand j’ai rempli ma première fiche. Et arrivée à la rubrique « que veux-tu faire plus tard ? » je me suis arrêtée deux minutes. Ah bah oui…bonne question ! Je crois vraiment que je voudrais être maîtresse quand je serai grande. C’est donc ce que j’ai écrit. Et récrit lors de chaque nouvelle rentrée.
Une fois arrivée au lycée j’avais fait des recherches, et j’écrivais désormais « professeur des écoles ». Même métier, mais juste une appellation pour faire croire qu’on était à égalité avec les profs de collège et lycée (mouhahaha). 

En terminale, une fois mon bac décroché (une réussite, le bac, d’ailleurs, j’ai réussi à l’avoir malgré un 7 en philo -coeff 7, voyez-vous…- après avoir accumulé des notes de fou pendant l’année, c’est assez étonnant la philo, très…comment dire ? …objectif. Oui, c’est ça. Objectif. La preuve.) je me suis engagée pour la fac. Lettres ? Anglais ? Entre les deux mon cœur balance. En cours d’année, j’avais opté pour l’anglais (c’est d’ailleurs pour cela que je partirai un mois au pair aux Etats-Unis après mon bac) mais finalement les Lettres m’ont appelée à elles et j’ai fait mes trois ans de fac entre littérature comparée, ancien français, latin…Et quelques matières diverses et variées censées me préparer au concours. LE concours, mon sésame pour exercer ce métier dont je rêve. Eh ouais, j’ai suivi un parcours pluridisciplinaire. La classe ! Des maths (niveau 3ème), de la bio (beurk), de la physique (humpf)… inutile de dire qu’une fois licenciée, j’ai poussé un énooooorme ouf de soulagement !

Entre temps, j’ai passé le concours d’entrée en PE1 (comprenez le « faux » concours : juste celui qui te donne le droit d’entrer à l’IUFM pour faire semblant de préparer le vrai concours). Comme je l’ai eu, en septembre je rentre à l’IUFM (nommé Institut Universel des Formateurs Médiocres par moi-même). L’IUFM, c’est cool : on y rencontre des gens fort sympathiques (si on excepte le fait que la plupart pensent que tu es potentiellement là pour leur piquer leur place et que donc ils te rabâchent à longueur d’année que le concours, on l’a pas du premier coup, surtout pas dans notre département, qu’il faut le passer partout où on peut, que machinchose l’a passé 6 fois avant de l’avoir…), on s’éclate en cours (parce qu’on papote avec ses camarades hein, pas pour le côté passionnant des choses), on découvre pleins de trucs sur l’enseignant qu’on ne devra surtout pas être (en regardant les formateurs et en se disant qu’on doit AB.SO.LU.MENT ne pas leur ressembler). Et on prépare ces putains d’oraux de fin d’année. Dans le stress, la compétition et la gaieté (ou pas). Le concours de PE (Professeur des écoles) c’est quand même un truc hyper stressant, je me souviens notamment des oraux comme si c’était hier. L’épreuve de danse, où pouvoir danser quand une de tes examinatrices discute sur son téléphone portable en te regardant distraitement et que les autres candidats sont collés à la vitre pour (au choix) t’admirer (rêve !) ou espérer te voir chuter. L’entretien professionnel, où la deuxième examinatrice finit par demander au premier d’arrêter ses questions débiles qui visent à déstabiliser la candidate (et qui au final te colle un 17, merciii Mdame !). L’anglais, ou comment préparer une épreuve en 1h sous une chaleur plombante en essayant de réfléchir dans une langue qui n’est pas ta langue maternelle.

Et finalement… je l’ai eu ce fichu concours. Du premier coup connards. Et dans mon département bande de nazes. J’ai gagné le droit de passer un an de plus dans les locaux de l’IUFM mais cette fois je serai payée pour… ce qui allège le poids des heures de formatage formation. Une année de galère plus tard (pendant laquelle j’ai réalisé que je n’étais pas-et ne serai jamais- un mouton), mon année a été validée et je suis officiellement devenue une feignasse d’instit professeur des écoles.

Ma première vraie rentrée est arrivée, dans cette classe où j’avais du apprendre à prendre mes repères, imaginer ce que pourrait être ma vie désormais, 4 jours oui seulement quatre par semaine, 6 heures par jour avec 4 niveaux d’élèves. Je suis arrivée si tôt ce matin-là…

La suite… la suite, c’est un boulot que j’aime, des galères, de la fatigue… et tu pourras la lire ici, chez Chronique d’un congé parental !

8 commentaires:

  1. Hello M'dame !
    J'ai commencé par la fin, j'arrive de chez Angélique ! Et j'ai tellement aimé ton petit bavardage au coin du feu que je suis venue lire la suite, pardon, le début, ici ... ça m'a fait rêver ton texte, Maîtresse ou Prof, c'est ce que je rêvais de faire ... avant que les stages en collège ne me fasse dresser les cheveux sur la tête devant les élèves, en me demandant comment je pourrai passer une année sans un buter un ou deux ... hum, la patience ne serait donc pas ma qualité dominante ... je me suis rabattue, amour des livres oblige, sur le beau métier de bibliothécaire, mais pour l'instant je suis en pause "élevage de gremlins", depuis la naissance de mes jumeaux ... 2 ans et demi déjà ...
    Bref, tu vois, je suis aussi bavarde que toi !
    Et pour la peine, je vais aller faire un tour par chez toi !
    Bises et à bientôt !

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    1. J'adore ton métier il me fait rêver!!! Je suis amoureuse des livres:-)

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  2. Rhaaa, zut, t'as pas de newsletter ? C'est que c'est pratique, ces petites choses, pour suivre les blogs qu'on aime sans bouger de sa messagerie ...

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    1. Théoriquement, si! Mais elle ne fonctionne pas! D'ailleurs, ça me fâche!

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    2. En fait si, apparemment ça fonctionne! Entre ton mail en haut à droite et tu devrais en recevoir un quand je publie :)

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  3. j'adore j'adore j'adore le ton badin et humoristique que tu emploies, c'est frais et léger comme j'aime ! bravoooooooo ma ptite maman elfe ! je m'en vais lire la suite tout de go !

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  4. j'ai adoré ton article! maitresse je voulais faire mais je n'ai pas fait... alors déjà sujet intéressant. Et raconté par toi ben c'est encore mieux! J'aime le ton léger avec lequel tu racontes ça! et le pied de nez à ceux qui te disaient que tu ne réussirais pas!

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Et toi, tu en dis quoi?