dimanche 27 novembre 2011

Non non et non!

Bon...pour une fois j'avais voulu faire un article court et je me rends compte que j'en suis incapable. La preuve, une fois l'article publié, même mes amies qui l'ont lu n'ont pas reçu le message que je voulais faire passer... je reprends donc la plume d'oie le clavier pour réécrire cet article tout pourri à la base.

Inspirée par Lady qui a parlé de cette chouette phase du non ici et par ma nounou qui en a rajouté une couche dans la foulée, je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté de ce truc là! Je vais donc parler de la phase d'opposition, de ce fichu "non" qui nous bouffe un peu la vie...

Je t'ai déjà parlé de l'entrée du non dans la vie de Petite elfe et du grand bonheur que j'en retirais... (sissi, ça se passe ) mais franchement jeudi soir la nounou m'a carrément vexée. J'ai eu l'impression qu'on m'accusait d'avoir engendré un semi-monstre contestataire et malpoli. Gloups. Entends par là que j'ai reçu ces accusations en pleine face comme si c'était moi la petite fille qui allait être punie. Maintenant je comprends un peu mieux pourquoi parfois mes parents d'élèves prennent les remarques pour eux.

Explications : nous sommes jeudi 24 novembre 2011, il est 17h39 et je sonne à la porte de ma nounou (enfin, la nounou dont je suis la chef quoi - oui je sais, j'aime être la chef, que veux-tu...). Je suis partie de chez moi depuis 6h50 ce matin, j'ai enduré une journée difficile avec 21 gnomes braillards studieux donc je suis un petit peu épuisée fatiguée.
Je rentre donc chez nounou, et pour une fois je ne demande même pas de compte rendu de la journée, j'ai juste envie de rentrer me vautrer dans la canap avec ma fille. Attendant que ma progéniture daigne s'approcher de moi, je prends alors dans la face "didon, elle a été super chiante aujourd'hui, je suis pas fâchée qu'elle s'en aille". Hum. Je commence un peu à me sentir mal. Qu'a-t-elle fait cette fois? A t-elle encore déshabillé Emma? (bingo!), couru partout toute la journée? (bingo!). Jusque là rien de grave. Mais pas que. Elle a aussi dit "non" à nounou, et pas qu'une fois. Nounou a interdit de s'asseoir dans le fauteuil et Petite Elfe s'y est assise quand même. Et quand nounou a redit "non", Petite Elfe a tiré la langue. Voilà. C'est grave. Sauf que... ma fille n'a jamais tiré la langue avant, et personne à la maison ne lui a appris à le faire pour se moquer de quelqu'un. Je crois franchement que c'était un hasard, mais bon, passons. Ma fille est donc pénible (comparé aux deux autres anges qui cohabitent avec elle en journée), je vais donc vite rentrer à la maison, réfléchir à tout ça et digérer. Et je suis subliminalement invitée à revoir mes méthodes éducatives.

A ce moment-là, ça commence un peu à coincer. Pourquoi? Parce que d'abord, à la maison, Petite Elfe a très rarement besoin qu'on répète "non" plus de 2 fois. Elle teste, bien sûr, mais c'est plutôt quand il y a du monde (ou chez les copines, parce que la table basse de LMdPP elle est trop bien et que Petite Elfe a kiffé s'allonger dessus)et au final ça ne dure pas bien longtemps. Du coup, je commence à me demander si nounou n'aurait pas tout simplement des soucis d'autorité... Mais là, pour le coup, ce n'est pas vraiment mon problème. D'ailleurs, je vais sûrement avoir des réflexions demain soir parce que maintenant, ma fille sait aussi monter sur les chaises^^

Le bon côté des choses, c'est que ça m'a amenée à m'interroger sur le sens du "non" que moi j'oppose sans arrêt à ma fille. Ou que sa nounou lui oppose.
C'est vrai que "non", c'est un peu l'expression que je prononce le plus souvent. Non, en fait celle-là c'est "je t'aime", mais "non" n'est pas loin derrière. Et comme un enfant apprend par imitation, quoi de plus normal finalement qu'elle dise "non" sans cesse? Petite Elfe est une pro de la copie, tu dis "non", elle dit "non". Mais il est où le vrai sens de ce mot? Je dis ça parce que je me rends compte que moi comme les autres mamans, je dis"non" bien trop facilement et bien trop souvent. Sans penser d'abord à me demander si c'est vraiment essentiel d'opposer un refus, si je ne pourrais pas tout d'abord passer par "je préfère que tu ne fasses pas ça".

Alors...loin de moi l'idée d'arrêter de lui dire non (je ne suis pas encore complètement dézinguée, même si je commence à craindre pour mon équilibre mental...). Dans mon boulot, je vois bien tous les jours les "ravages" des parents qui autorisent tout, qui cèdent et concèdent et dont les enfants rois sont bien malheureux au final... Bien sûr qu'un enfant a besoin d'interdits, de règles et de limites pour se construire. Mais pas que. Une enfant a, je crois, besoin d'avoir confiance en l'adulte. Besoin de repères. D'un modèle pas trop pourri à imiter pour apprendre à devenir lui.

Et c'est là que je me dis qu'il va falloir que j'apprenne à faire la balance entre le "vrai non", l'essentiel sur lequel je ne transige pas et le "faux non" que je vais devoir transformer en autre chose. Parce qu'en vérité, est-ce si grave que Petite Elfe attrape le dernier Psychologies magazine pour le feuilleter? Est-il bien nécessaire de dire"non" dès qu'elle s'approche de quelque chose qui ne lui appartient pas? N'est-il pas un peu trop facile d'interdir plutôt que d'enseigner?

 Je crois que je dois apprendre à dire "non" aux choses dangereuses ou dérangeantes (ben non ma poulette, tu ne mangeras pas 15 Kinder par jour. Tu ne mettras pas non plus tes doigts dans la gazinière pendant que maman fait la soupe. Et non, tu ne joueras pas avec ton divin caca!). Je crois que je dois aussi apprendre à dire plus souvent "je préfèrerai que tu ne le fasses pas" ou "je n'aime pas que tu fasses cela". Apprendre à ma fille qu'on ne doit pas faire ce qui est dangereux, oui. Lui enseigner que si sa maman lui oppose un "non" c'est pour son bien et pour qu'elle se construise, oui. Par contre, lui balancer du "non" à tout bout de champ pour des choses absolument crétines, stop. J'arrête, promis ma Petite Elfe. Je prends mes responsabilités et je me creuse la cervelle. Je vais réfléchir avant d'interdire... En fait, c'est dit. Je me remets en question.

Mais j'insiste, il n'est pas question pour moi d'arrêter de dire "non", plutôt de réfléchir avant de parler. J'ai trop le "non" réflexe et ça ne me plaît pas. Petite Elfe a besoin d'apprendre le monde, et il va lui falloir un peu plus de latitude pour cela. Je m'en vais de ce pas lui apprendre à descendre de cette putain de chaise...

Et toi, tu fais comment?

12 commentaires:

  1. ma phrase a moi c'est :"euh ..... je croi que c'est pas une bonne idée ca !!!!"

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  2. il faut bien commencer à leur comprendre le NON assez tot....tu es bien plaçée pour le savoir maman K... après on constate que les enfants sont irrespectueux et se croient tout permis (pas forcemment de leur faute du coup) et ce dès la maternelle. Si les parents ne jamais NON, bein, ça fait des p'tits "merdeux" (désolé de l'expression mais c'est un peu ça) et dur à recadrer en classe après.
    Bébé comprend très bien le NON...parfois, il retente derrière une ou 2 fois, histoire de voir si on est faible ou pas.... Chez nounou, c'est pareil, elle est à cheval sur certains trucs et bébé a bien enregistré son NON aussi. Bon après, on est pas encore au cap des 15/20 mois où le NON est obsolète et où bébé sera tenté de nous provoquer davantage...

    Bref, comme disais Raffi, "The yes needs the no to win"!!!!

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  3. Bon j'ai du mal m'exprimer... Je ne suis pa conte le non hein? Tu as bien vu maman L je sais dire non à petite elfe quand c'est non. J'en ai juste marre de lui dire non 50 fois par jour du coup ça m'amène à réfléchir sur ce à quoi je dis non.
    En tout cas je n'arrêterai jamais le non, parce que justement je suis bien placée por savoir ce que no limit donne plus grand...
    C'était pas clair dans l'article?

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  4. j'aime beaucoup ce petit article ;-) J'ai abordé dans mon dernier article ( http://www.lafamilledeslapinsverts.fr/article-etre-parent-une-question-pas-si-evidente-que-a-89863821.html ) des alternatives au NON qui en effet, crée automatiquement le désir de trangresser de l'enfant et au final, trop de non tue le non, je crois. Ici, on essaie de dire non que sur les choses essentielles , qui peuvent être dangereuses ou pas adaptées(s'approcher du poêle,mettre les doigts dans la gamelle du chat, se mettre debout dans le bain ).Du coup, on utilise le "je ne suis pas d'accord", "je ne veux pas". Et puis, notre lapinou à 1 an par donc il est normal qu'il n'intègre pas la limite, du coup ici on déplace l'objet du délit où Mr bébé parce qu'essayer de lui faire comprendre qu'il ne faut pas mettre la main dans le verre d'eau des chats, c'est peine perdue. N'oublions pas non plus qu'à plus on interdit , plus l'enfant va faire, donc interdisons les choses indispensbales seulement et pas forcément en utilisant le NON!

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  5. tu étais très clair Maman Elfe!! no soucy. Je suis pour le NON, du moment qu'il est justifié et surtout du moment qu'il existe!! Je suis juste venere contre les parents qui ne connaissent pas le NON et qui mettent leur petit trésor sur un pied d'estale (et après, c'est nous, les instits qui dégustons!!).
    Petite Elfe est juste un peu coquinette, c'est normal!!
    Et comme dit Mun du petit Lapinou, plus on dit NON, plus l'enfant y va...
    A nous de trouver le juste milieu pour que bébé comprenne.

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  6. Ouf! Tout va bien! :-) merci les filles pour vos commentaires toujours enrichissants et @mum du ptit lapinou : j'ai adoré ton article je rajouterai un lien dans le mien dès que je serai sur mon ordi!!!

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  7. Mais heum... petite Elfe est normale en fait. Elle a quel âge déjà ? et re-heum... non mais la nounou s'exprime vraiment comme ça mot pour mot ?? je reprends : "didon, elle a été super chiante aujourd'hui, je suis pas fâchée qu'elle s'en aille"
    si c'est le cas, c'est quand même un peu du foutage de G...... et moi je reste polie ! Bref !

    Je crois qu'en bonne maman, tu as déjà la réponse ancrée en toi. Le "non" oui mais pas pour tout et n'importe quoi. Non mais en fait, on est plutôt mal loti car nous, petit, on se fichait assez de ce qu'on pouvait trouver derrière ce "non" ; fallait écouter point barre et notre petite cervelle devait intégrer de suite que là tout de suite, tu ne mets pas tes pieds sur le canapé, sinon tu te prends une tarte et c'est pas une tarte à la cerise crétinium ! c'est une tarte dans ta G.... (je reste encore polie). Bref !

    Et comme tu le dis si bien, une petite variante linguistique pour le "non", ce n'est pas un mal ! L'enfant même tout petit peut déjà tout comprendre et le "non" brutal et catégorique, c'est autant de frustration et de réaction épidermique (faut voir ce que peut faire son "non" à lui sur notre personne toute adulte) et pourtant, lui, il a bien le droit de ne pas être d'accord aussi nan ??

    heum... voilà.

    NouNou MaGaLi !

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  8. Merci nounou Magali! Ça me fait sentir mieux ce que tu me dis :-)

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  9. tiens en fait, ça me fait penser ce que j'ai dis à une maman qui est venue me rencontrer pour la première fois. En fait, moi je dis "non" un peu souvent d'ailleurs, mais je me soigne ! Mais justement, quand on peut modifier ses habitudes, c'est à dire mettre hors de portée, faire en sorte que les choses auxquelles on tient ne soient pas à hauteur de p'tit d'homme, eh bien on économise son énergie et son "non" et sans pour autant ne plus mettre de limites, on dit "non" que pour des choses essentielles. Nous, on est plus serein, petit d'homme aussi et voilou !

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  10. Merci mais je suis aussi hyper sensible... Je vais pleurer de tous ces compliments aujourd'hui!

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  11. non faut sourire ! c'est pas tous les jours les compliments, faut pas trop s'habituer mouahmouahmouhahahaha !

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Et toi, tu en dis quoi?